Parallèles

Beaux-Arts

Exposition Bartelbyturique aux Ateliers de la gare à Locminé

Comme tous les ans, les étudiants de 4ème année de l'école européenne supérieure d'art de bretagne (EESAB, anciennement ESA) exposent leurs travaux à l'extérieur. Cette année n'y coupe pas et c'est donc aux Ateliers de la Gare à Locminé (56500) qu'ils ont choisi de s'installer.

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Bartlebyturique*

(22 septembre – 30 octobre 2011)
Exposition des étudiants de 5ème année de l’École européenne supérieure d’art de Bretagne – site de Lorient
à l’Atelier de la Gare, Locminé (56500)

Un point d’étape, avant l’entrée en 5ème et dernière année.
L’école et l’Atelier de la Gare offrent la possibilité à un groupe de 12 étudiants d’investir un espace d’exposition hors de leurs ateliers, de concevoir un accrochage collectif avec des œuvres personnelles, qui interrogent des démarches singulières. Présenter des pièces abouties mais porteuses des développements à venir, expérimenter la présentation des œuvres au public, garder la trace de l’événement par une édition, tels sont les enjeux de ce Bartlebyturique.

Cette exposition regroupera les travaux de Charlène Auvinet, Soazic Bruneau, Emeline Chanu, Nolwenn Guérin, Olivia Gras, Laura Hernandez, Guillaume Lepoix, Adélaïde Lerouge, Xiangyan Liu, Coralie Moser, Maud Poulain, Emmanuelle Vennel

* « Médicament aux propriétés hypnotiques que les employés de bureau de Wall Street préfèreraient ne pas consommer » (Alain Créhange).

Résultats de mon DNSEP

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Et voilà, après 5 années passées aux Beaux Arts de Lorient, mon parcours s'achève ici avec l'obtention du DNSEP. C'est aussi l'achèvement de mes études puisque j'ai décidé de continuer ma pratique artistique et de me lancer dans le monde du travail[1] (faisant de moi un polemplouiste).

L'examen final du DNSEP session 2010-2011 s'est déroulé du 22 au 24 Juin. Le jury était composé de Philippe Frank (Président du Jury), Céline Roux (Directrice du mémoire), Didier Trenet, Pauline Julier et accompagné par notre prof Christophe Desforges.  Je finis malheureusement sur une note pas très positive puisque le verdict du Jury a été assez salé, me donnant mon diplôme de justesse en l'accompagnant de remarques peu encourageantes. Je relativise quand même quant à la subjectivité de ce genre de remarques, surtout quand un président du Jury s'octroie le privilège de s'éclipser pendant le passage des étudiants (il devait avoir une toute petite vessie sans doute pour s'échapper un diplôme sur deux en moyenne)...

Bref, ce n'est surement pas ce genre de remarques qui vont m'arrêter, les projets reprenant de plus belle et l'envie de continuer étant toujours là. Ils n'ont pas réussi à me décourager et c'est tant mieux !!!

Je met donc ci-dessous les photos de mon accrochage avec des petites explications concernant chaque pièce. J'ai respecté l'ordre dans lequel je présentais les pièces :

L'intégralité de mon DNSEP tient dans un landau[2], j'ai nommé : le petit kit spécial DNSEP 2011

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1. Les oiseaux

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dnsep-1-oiseaux2.jpg les oiseaux

Petit à petit, les oiseaux cisaillent le ciel tels des barbelés ou des rails. En seulement 3 minutes les volatiles arrivent à remplir l’espace du ciel en le noircissant. Ici, plus rien de naturel, le côté industriel ou mécanique que provoque cette surimpression d’images supplante de manière inquiétante la prétendue beauté du vol des oiseaux. Il y a là un rapport au dessin ou à la peinture avec la notion de trace (Giacomo Balla, Le vol des hirondelles). Les oiseaux «peignent» ou «dessinent» des figures dans ce bout de ciel. C’est une pièce assez ancienne qui marque un départ dans mon travail (comme d’autres pièces que je n’ai pas présenté). Elle m’a permis de souligner et de me rendre compte de la spécificité du support vidéo : un médium où je peux manipuler temps et espace pour (re)créer du sens et une ouverture sur un imaginaire. L’idée d’une captation d’image qui fige un temps et un espace disparaît dès lors, puisque je peux (re)créer à l’infini. Cela fait partie des différences qui existent à mon avis entre cinéma et vidéo (j’en montrerai d’autres), là où l’image cinématographique propose une suite d’images fixes qui se chassent les unes-les autres, en vidéo il est possible de revenir, stopper, accélérer, superposer les images, pour recréer une narration. Je pensais pour la peine au travail de Kentridge qui est le premier à créer des films à partir d’une seule image qu’il va modifier au fur-et-à-mesure de l’animation. >> Voir la vidéo

2. Itinéraire Bis

dnsep-2-passage2.jpg Itinéraire bis

Cette vidéo propose une sorte de confusion dans l’espace de la rue. Ici je propose une image banale issue de la vie quotidienne (presque celles que l’on peut voir avec les caméras de surveillance) pour y apporter un moment de flottement. Alors que l’on s’attend à assister à un accident (comme on a malheureusement tous pu en faire l’expérience), il se produit un choc, mais pas celui de la voiture et du piéton, celui d’une image totalement imprévue, surréaliste. Il y a eu un mélange de différents temps bien distincts au sein de l’espace de cette vidéo. Il se produit un paradoxe dans l’image, que l’on peut retrouver dans mon travail : je cherche à remettre la prétendue réalité de l’image en cause, à essayer de la déstructurer. C’est un peu l’illustration du crime parfait de Baudriard : le meurtre de la prétendue réalité se produit lorsque le choc entre le piéton et la voiture n’a pas lieu. Ce qui est violent dans cette image, c’est justement l’absence de choc. Dès que la crédibilité de la scène disparaît, c’est toute l’image vidéo qui est remise en cause, cette scène banale d’une rue quelconque devient illogique et l’illusion de départ disparaît : ce n’est qu’une vidéo, ce n’est pas la réalité. >> Voir la vidéo

3. Port

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Cette vidéo propose une image flottante, stabilisée à outrance, presque désincarnée (un peu comme s’il n’y avait pas eu de cameraman). Le son est une composition d’échantillons sonores prélevés sur le lieu mais lorsque il était en activité (la vidéo est filmée dans la soirée, lorsque plus personne ne travaille). La combinaison du son et de l’image flottante crée ici aussi une inquiétante étrangeté : ces bâtiments sont-ils réels ? Que se passe t-il dans ce lieu ? On entend des machines et des bruits sans jamais pouvoir localiser sur l’image leur provenance. Les tremblements de l’image arrivent sans presque aucune raison, et au final il ne se passe rien. Ce travelling est un moment de doute (je pense que c’est une bonne chose de le voir après Itinéraire bis), où l’on s’attend à quelque chose, où l’on ne comprend pas très bien à quoi l’on a affaire. J’essaye d’interroger la limite entre images de fiction et documentaires, ici, cette frontière est floue, presque imperceptible. Distinguer le vrai du faux n’est pas possible dans ces images, c’est un pur moment de flottement sans réponses. >> Voir la vidéo

4. Les effacés

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Certaines images sont presque normales, il faut bien s’en approcher pour constater les incohérences. En gros, cette série ne donne pas tout de suite les clefs des images. J’ai essayé de faire en sorte qu’un moment de flottement se crée lorsque le spectateur les regarde. Je voudrais dans l’idéal qu’il se pose un certain nombre de questions autour de l’étrangeté de ces images : «mais que se passe t-il/que s’est-il passé dans ces photos ?» On est face à des images presque banales, quotidiennes, mais des images désincarnées et altérées. Les traces laissées par la retouche numérique créent une sorte de cicatrice de l’image, la suppression de l’humain ne s’est pas faite sans mal. Il y a là un questionnement sur ce que la société fait de l’image aujourd’hui. Dans la publicité, on efface les imperfections, les rides, les personnes en marge, les vieux, les gens tristes, etc... Mais qu’obtient-on au final lorsqu’on regarde ces images ? Ici, qu’est-ce que je supprime ? Les gens dans leur quotidien. Des images banales avec des gens ordinaires. Ces gens-là ne sont jamais représentés dans la pub, ce sont toujours des acteurs ultra souriants. L’acte d’effacer est très fort, très violent. Il y a dans cette pièce une critique de l’utilisation de l’outil : j’ai utilisé un outil proposé sur la dernière version de Photoshop, un outil qui sert, je cite «à supprimer les éléments indésirables d’une image». Dès lors, l’acte de suppression des gens dans la rue fait-il d’eux des éléments indésirables ? Parallèlement, si on regarde plastiquement ce que ces suppressions créent -ces «cicatrices»-, on a un rapport à la peinture, une ouverture sur une forme plastique de (re)composition. L’outil à recréé quelque chose à la place des effacés. >> Voir la série

5. Escalier

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Par un simple jeu d’inversion (de cadre et de temps) le spectateur ne sait plus correctement se repérer dans l’espace. Le premier réflexe est de se fier aux gouttes d’eau qui «tombent» et de déduire que la caméra est en plongée totale. Pourtant de nombreuses incompatibilité apparaissent. Tout d’abord le fond qui est éclairé, qui laisse présumer que le sol ne s’y trouve pas, ensuite le son des gouttes qui induit l’inversion temporelle. Cette vidéo tente de mettre en jeu un rapport qui peut exister entre le temps et l’espace en vidéo. L’inversion du temps retourne l’espace de cette scène en inversant la gravité et par conséquent la place du sol et du plafond. La projection dans la boîte correspond à une volonté de proposer l’image vidéo autrement. Le spectateur doit se pencher dans la boîte, comme une sorte de puits. Ici je renverse le temps et l’image, dans cette volonté de manipuler la vidéo non plus dans sa forme mais dans sa présentation. >> Voir la vidéo

6. Echo

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A l’instar du phénomène acoustique où dans un même lieu, le son émis revient de manière régulière et de moins en moins fort, ces images reviennent et se superposent sur l’image de départ. L’ensemble du déplacement est compressé dans l’espace d’une seule image, créant ainsi le portrait d’un intervalle de temps. L’image obtenue apparaît décomposée, dégradée, presque cassée dans sa structure même. Le lieu choisi pour filmer ces images prend alors tout son sens, puisque lui aussi se retrouve dans une sorte d’altération due au temps : le lieu et l’image affichent tous deux une altération due au passage du temps. Sur ces grands formats, il se crée un rapport à la peinture assez frappant. Les couleurs du lieu (notamment les graffitis) viennent s’étaler et repeindre de nouvelles formes. Je peux citer le travail de Philipe Cognée qui recompose ses tableaux à partir des images de lieux qu’il a filmé. J’aime à voir dans ces tableaux une sorte de portraits d’un intervalle de temps, ce n’est pas un photogramme de ces 20 secondes de film, mais bien toutes les images superposées les unes aux autres. >> Plus de détails (vidéo et série complète)

7. Girouette

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Cette girouette est installée dans l’espace public. Les passants sont libres de prendre en photo les petits codes barres révélés par la direction du vent. Une image apparaît alors sur l’écran. Mais ce n’est pas n’importe quelle image, il s’agit en fait de la toute dernière image postée sur google maps dans la direction vers laquelle pointe la girouette. Le vent qui souffle dans une certaine direction permet de re-situer ces images dans leur lieu d’origine, comme une sorte de longue-vue qui ferait un tour d’horizon en temps réel de notre planète. J’aime beaucoup l’idée que ce soit le vent qui décide de la direction des images à choisir. Le mélange entre la technologie (le flux d’images numériques, les codes, l’utilisation d’un smartphone) et un principe presque archaïque (la girouette) apporte une certaine générosité au projet : je crée l’objet mais je le laisse fonctionner sans moi. Il y a aussi un côté magique lorsque les images s’affichent sur le téléphone, on ne connaît presque rien sur ces photos, hormis qu’elles viennent juste d’êtres mises en ligne et qu’elles proviennent du nord/sud/est/ouest. En se laissant prendre au jeu, on peut rester un bon moment à regarder ces images, à chercher un indice pouvant nous aider sur leur origine exacte. Il y a là aussi la volonté de superposer plusieurs espaces, celui du monde virtuel dessiné sur internet et celui du monde réel. Quelque part, la girouette permet de redonner un espace concret à ces images qui s’affichent, une sorte d’ouverture sur le monde réel : «voilà ce qui se passe là-bas». >> Plus de détails (autres girouettes et atelier)

8. Recherches

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Pour voir quelques photos des DNSEP des autres étudiants de ma promo, c'est par ici

[1] - Je pense irrémédiablement à la chanson d'Henry Salvador : "Moi le travail me court après, il est pas près de me rattraper..."
[2] - Hormis la TV et un Vidéoprojecteur

Exposition multi-prises, vendredi 1er juillet 2011 à 18h30

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Norbert Métairie, Maire de Lorient
Emmanuelle Williamson, Adjointe au Maire
Gilbert Gramoullé, Président de l’École Européenne Supérieure d’Art de Bretagne
Philippe Hardy, Directeur de l’École Européenne Supérieure d’Art de Bretagne
Pierre Cochard, Directeur du site de Lorient

ont le plaisir de vous inviter au vernissage de l’exposition

multi-prises

vendredi 1er juillet 2011 à 18h30
à l’Ecole Européenne Supérieure d’Art de Bretagne – site de Lorient

Multiprises est l’exposition de fin d’étude des étudiants de 5ème année, promotion 2010-2011 :
Simon Augade, Mathilde Bernard, Marion Brossard, Thomas Daveluy, Jonas Delhaye, Gwendal Deshayes, Nastasja Duthois, Nadège Gandon, Arnaud Goualou, Cécile Guillou, Jérémy Leudet, Carole Morhan, Doriane Rio, Claire Vergnolle.
Multiprises, le site : http://multi-prises.fr

Exposition du lundi 4 au vendredi 29 juillet 2011.
Ouverture du lundi au vendredi de 9h à 12h et de 14h à 17h

École européenne supérieure d’art de Bretagne – site de Lorient
1 avenue de Kergroise – 56100 LORIENT
tel. : 02.97.35.31.73 – fax. 02.97.35.31.79
http://esa.lorient.fr

Vous pouvez aussi télécharger le carton d'invitation au format PDF

L'affiche, c'est moi qu'ai fait :p

Impression du mémoire

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Et voilà, deux ans de travail qui prennent fin aujourd'hui. Cinq exemplaires du mémoire imprimés, reliés et couverts qui seront envoyés lundi à l'ensemble des membres du jury pour qu'ils puissent le lire avant la soutenance (qui a lieu en même temps que le passage du diplôme, c'est à dire les 22, 23, 24 Juin).

J'ai imprimé ces 5 exemplaires sur un papier 120g avec l'imprimante laser de l'école (qui est d'assez bonne qualité ma foi), sans avoir trop de souci (un petit décalage de 2mm entre le recto et le verso est à noter). La couverture est composée de deux éléments : une feuille standard avec les illustrations recouverte par un rhodoïd avec des motifs imprimé en N&B. L'assemblage des deux forme l'image finale (voir photos).

J'avais 64 pages (sans le rhodoïd), ce qui m'a permis de faire une reliure de type "piqûre à cheval" (les doubles pages sont assemblées les unes sur les autres, puis pliées en deux ce qui fait un cahier). En comptant la couverture en plastique (1€ la feuille transparente spécial laser, tout de même...), je m'en sors à 25€ par mémoire environ. L'école des Beaux-Arts de Lorient nous finance l'impression des mémoires à la hauteur de 100€ par personne, ce qui est vraiment bien et je l'en remercie.

Pour rappel la version PDF est toujours accessible ici et la page qui accompagne le mémoire est en ligne ici.

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Multi-prises

logo_blog.jpgPour préparer notre exposition de fin d'année et la sortie de l'école, notre promotion a décidé de mettre en place une plateforme collective sur le web. Cette plateforme est composée de pages personnelles* (chacun à la sienne) gravitant autour d'un blog commun à tous.

Le blog nous permettra de nous tenir au courant des activités de chacun dans les mois à venir et de se passer des informations relatives aux travaux que l'on fait en commun.

Nous avons choisi un nom pour la plateforme qui fait aussi office de titre pour notre exposition de fin d'année : multi-prises. Nous avons aussi créé un logo (tout le monde en a fait un et nous avons voté pour le meilleur).

Le blog est propulsé par dotclear et les parties perso sont un template que j'ai créé moi-même en php (donc il y a surement des bugs :) ). L'idée pour les parties perso était de pouvoir mettre un texte de présentation et quelques images pour donner une idée de notre travail. Le but de ces parties n'est pas de se substituer à un vrai site web, mais juste de proposer un aperçu de la pratique de chacun.

N'hésitez pas à faire un tour et à laisser vos commentaires!

*pour les pages personnelles: Arnaud Goualou - Carole Morhan - Cécile Guillou - Claire Vergnolle - Dimitri Kiosseff - Doriane Rio - Gwendal Deshayes - Jérémy Leudet - Jonas Delhaye - Mahé Donin - Marion Brossard - Mathilde Bernard - Nadège Gandon - Nastasja Duthois - Simon Augade - Thomas Daveluy

Girouette

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Dans le cadre d'un Workshop avec Antonin Fourneau, nous avions eu pour thème le "hacking urbain". L'idée était de faire intervenir nos créations dans la rue et de les laisser à la portée de tous dans l'espace public. J'ai travaillé avec un autre étudiant de 3ème année (Marc-Antoine Lorcy) sur cet atelier. L'idée de départ était de réaliser une sorte de lanterne magique qui afficherait des tags ou QRcode la nuit dans la rue. Après plusieurs essais/prototypes/ratages, nous sommes partis sur l'idée d'une girouette qui s'éclairerait en fonction de la direction du vent (merci Antonin pour le p'tit coup de pouce).

La première version présente une girouette munie de quatre faces lumineuses. En fonction de la direction du vent une des faces s’allume. Si quelqu’un lit le code qui s'affiche avec son téléphone, il peut voir une photo sur son écran. Cette image est la dernière qui a été postée sur Google Maps (via le service panoramio), dans la direction cardinale indiquée par la girouette.

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Installée dans la rue, cette girouette permet aux passants de voir un instantané du flux d’images postées sur internet. Le vent qui souffle dans une certaine direction permet de resituer ces images dans leur lieu d’origine, comme une sorte de longue-vue qui ferait un tour d’horizon en temps réel de notre planète. J'aime beaucoup l'idée que ce soit le vent qui décide de la direction des images à choisir. Le mélange entre la technologie (le flux d'images numériques, les codes, l'utilisation d'un smartphone) et un principe presque archaïque (la girouette) apporte une certaine générosité au projet: je créé l'objet mais je le laisse fonctionner sans moi. Il y a aussi un côté magique lorsque les images s'affichent sur le téléphone, on ne connaît presque rien sur ces photos, hormis qu'elles viennent juste d'êtres mises en ligne et qu'elles proviennent du nord/sud/est/ouest. En se laissant prendre au jeu, on peut rester un bon moment à regarder ces images, à chercher un indice pouvant nous aider sur leur origine exacte.

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Vendredi 1er Avril, nous devions exposer les créations issues du workshop à l’Hôtel Gabriel à Lorient. Pour les besoins de l'expo, il fallait que la girouette marche aussi de jour. La version 1 ne pouvant absolument pas fonctionner de jour, nous en avons fabriqué une autre avec des tubes de PVC. Un trou dans un des tubes permet de révéler les codes...

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En conclusion, je pense que le principe est intéressant, mais le fait de devoir passer par un smartphone est un peu contraignant et élitiste (tout le monde a pas un téléphone ultra-récent et un forfait internet). Dans l'idéal, j'aimerai bien supprimer cet interface afin de ne plus proposer qu'un écran qui afficherait de manière régulière les images

Essai d'installation

J'ai profité de l'ouverture de l'école pendant la première semaine des vacances pour faire des essais d'installation en vue de la diplomabilité (qui a lieu les 28-29 mars).
Tout est loin d'être au point, mais c'est déjà un bon début.

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Après coup je me rend compte que les deux TV au fond de la salle font vraiment ridicule et qu'il serait bon de les mettre le long des piliers, séparées l'une de l'autre. Les tags (pour la pièce l'apparition) seront collés à même le mur et la bordure noire extérieure disparaîtra.

Mémoire... encore

rizhome.jpgPresque un mois sans billets (et sans productions d'ailleurs), mais pas sans travail. Ces dernières semaines ont été... fatigantes. J'ai tout de même avancé sur quelque chose : mon mémoire.

Outre le travail d'écriture, j'ai pas mal planché sur le design de ce mémoire et sur la manière de montrer les œuvres auxquelles je fais référence. La première question était de pouvoir montrer en intégralité les différentes vidéos et films que je citais. Chose impossible sur format papier. J'ai donc décidé d'apposer une adresse web sur le mémoire qui renverrai vers une partie (numérique) externe où, là, les films peuvent être visibles.

C'est chose faite : http://thomas-daveluy.fr/dnsep/

Cette partie peut fonctionner sans le mémoire qui va avec, mais les textes explicatifs étant absents, les choix (catégories, liens, ...) entre les œuvres sont assez flous. De même pour le mémoire tout seul, il peut parfaitement fonctionner sans le site mais les œuvres sont assez peu visibles.

Les œuvres des artistes sont représentées par des ronds noirs et les pièces que j'ai créées par un rond rouge. Ne voulant pas que le jury puisse voir mes pièces avant le diplôme, il n'est actuellement pas possible de les voir, seules des miniatures les représentent. Le jour du diplôme les vidéos/photos seront visibles en grand et en intégralité.

Pour ce qui est de la manière de montrer les liens, j'ai choisi de partir sur une structure rhizomatique, comme une sorte de plan de métro, reliant les différentes œuvres. Sur le site, il est possible de cliquer sur chaque artiste pour accéder à une de ses œuvres. Il est aussi possible de passer la souris sur les liens pour faire apparaitre un mot clef reliant les deux œuvres.

Profitant du support web, j'ai aussi donné la possibilité d'afficher/masquer les noms, permettant de voir uniquement le réseau ou d'accéder à une carte complète avec toutes les écritures. Il est aussi possible de passer sa souris sur chacun des chapitres du mémoire pour mettre en surbrillance les artistes qui y appartiennent. Une autre carte se dessine alors.

Le design des chapitres:

Chapitres

Les logos des chapitres sont basés sur une déclinaison du cube (en forme d’hexagone) qui est le logo représentant souvent un espace tridimensionnel (notamment dans les logiciels). Ils ressemblent un peu au logo de l'HTML5 (c'est pas fait exprès, promis j'ai pas copité).

Quand au mémoire en lui-même il est toujours téléchargeable ici.

Nouvelle vidéo : Echo

Les ruines (plus particulièrement les anciens espaces industriels ou blockhaus à l'abandon) sont pour moi un véritable objet de fascination depuis des années.

Ils représentent un "après", ce qu'est devenu un lieu lorsque l'homme en a terminé avec lui. Ils sont aussi le reflet d'un temps passé, derniers témoins que quelque chose s'est passé là. Sortes de cadavres en putréfaction, ces lieux auparavant artificiels retournent à un état naturel. Les ronces s'entremêlent avec les armatures métalliques, la mousse recouvre les toits, le métal devient de la rouille et s’effeuille comme une écorce d'arbre, les dalles en béton explosent comme des plaques terrestres.

Echo est un travail qui a très mal démarré. Je suis allé dans une ancienne zone industrielle que je connais bien (c'est là bas que j'ai filmé la vidéo Escaliers) avec ma caméra dans le but de rapporter des longues séquences faisant état de ce lieu. Je sais par expérience que travailler avec seule base la fascination est généralement synonyme de ratage. Ce qui s'est d'ailleurs produit. Ensuite, je sais aussi que vouloir "rapporter" quelque chose en le filmant ou en le prenant en photographie ne mène qu'à la déception (rien ne peut remplacer un moment vécu). Partant de ce constat j'ai tout de même insisté (car après tout je suis têtu) et j'ai filmé une vingtaine de minutes dans ce lieu. J'avais pour vague espoir d'arriver à réaliser des travellings dans lesquels je supprimerais tout tremblement d'image (comme dans Port) et par extension toute trace de l'existence du caméraman. Je voulais ainsi proposer une vidéo "morte" où la présence humaine serait totalement supprimée.

Le résultat ne s'est pas fait attendre : aucun plan ne pouvait être suffisamment stabilisé pour supprimer le fait que les mouvements de la caméra étaient induits par le relief du sol (et par extension qu'il y avait bien un gugusse qui tenait l'appareil). En plus les travellings n'étaient pas très longs puisque assez limités par la végétation (2m de ronces ça dissuade de continuer à avancer).

Cédant à la déprime, j'ai rangé ces images dans un dossier bien au fond d'un autre dossier.

C'est alors que le Pr. VonDavel s'est empressé de rouvrir ces fichiers. Sans vraiment m'avertir il a opéré sur ces images une batterie de tests. Tout d'abord, il a utilisé un de ses outils de prédilection ces dernières années : Deshaker (une démo de ce que peut faire ce logiciel de stabilisation d'images ici). Cet outil permet de capter les mouvements de la caméra sur une séquence vidéo, puis de restabiliser l'image. VonDavel a donc réglé sa machine pour que les images du film se replacent dans la même position que la caméra, puis il les a superposées. J'ai réussi à récupérer certaines de ses images de travail :

lanester0116.jpg lanester0296.jpg _trav1.jpg _trav2.jpg _trav3.jpg _trav4.jpg _trav5.jpg _trav6.jpg _trav7.jpg

*** Parallèlement ***

A l'instar du phénomène acoustique où dans un même lieu, le son émis revient de manière régulière et de moins en moins fort, ces images reviennent et se superposent sur l'image de départ. L'ensemble du déplacement est compressé dans l'espace d'une seule image, créant ainsi le portrait d'un intervalle de temps. Une fois encore, les temps et les espaces se mélangent au sein des images.

L'image obtenue apparaît décomposée, dégradée, presque cassée dans sa structure même. Le lieu choisi pour filmer ces images prend alors tout son sens, puisque lui aussi se retrouve dans une sorte d'altération due au temps. Mise en abyme : le lieu et l'image qui en témoigne subissent tous deux le passage du temps.

Frontières [vidéo]

Explications sur la vidéo :

Comme son nom l'indique, cette vidéo aborde la notion de frontières.
Aujourd'hui, avec l'espace Schengen tout citoyen européen est censé pouvoir circuler librement dans l'espace européen. Cependant, il suffit de regarder l'exemple des Roms ou même des SDF que l'on "escorte gentiment" à l'extérieur des villes au printemps pour voir que cette belle vérité n'est pas la même pour tous. Pourtant les frontières ne sont -en principe- que de simples traits sur une carte qui dans le monde réel ne sont pas visibles (sauf si on met un mur en béton de 5m de haut comme en palestine).

Dans la vidéo, le personnage vient d'ailleurs. Un ailleurs inconnu, la première image le montre venant de la mer, de l'horizon. On ne sait pas d'où il est issu, ce qui motive son voyage où même s'il y a un but à son périple. Les plans suivants apportent un élément extérieur, fictif : le bloc noir. Toutes les images (ou presque) sont entachées de cette présence inquiétante et massive qui surplombe les immeubles. Pourtant, apparemment, les habitants ne semblent pas y prêter attention, on ne sait même pas s'ils le voient ou s'ils en ont même conscience.
Le personnage, lui, a conscience de cette frontière, il la voit (il s'arrête même à plusieurs reprises pour la regarder) et c'est peut-être ce qui va l'empêcher de passer. Pour une raison totalement inconnue, le mur va l'empêcher de continuer plus loin. Comme pour les immigrés clandestins qui rêvent d'un eldorado en traversant la méditerranée en bateaux-poubelles et qui découvrent des barreaux de prison (s'ils arrivent en vie), le personnage du film voit son périple s'arrêter à l'instant même où il se cogne contre le mur.
Le dézoom de la fin apporte plusieurs éléments.

Tout d'abord, il donne un sens à ce bloc noir : le nom de la ville sur la carte qui prend forme dans la réalité.

Par la suite, il permet de métaphoriser le mur: ce n'est pas tant un espace physique qu'une barrière mentale. Le personnage est dans la ville (car après tout il est quand même bien rentré dans Lorient) mais son intégration se heurte à une barrière. Il ne pourra jamais être comme les autres (les habitants qui traversent le mur) même s'il est parmi eux. Le mur devient alors une barrière culturelle, ou linguistique (car le mur est un ensemble de lettres).

Il y a un second point de vue qui rejoint les autres pièces que j'ai pu faire ces dernières années, celui de la limite entre réalité et fiction (monde virtuel et réel). Le monde des cartes est un monde virtuel qui n'est pas visible en apparence. Pourtant, aujourd'hui, avec l'apparition de nouvelles technologies, cette frontière tend à s'effacer. Aujourd'hui il suffit de prendre une photo d'un objet avec son portable et google nous renvoie un ensemble de résultats en lien avec l'objet. Demain, il sera possible de consulter en direct les informations sur les objets nous entourant (principe de réalité augmentée). A l'instar d'un film comme District9 ou de la BD Philémon et le naufargé du A, un élément de fiction vient s'insérer dans le réel et provoque un décalage. Le plan dans la voiture est un bel exemple de ce que je voulais montrer sur l'effet que va créer cette fuite dans le monde virtuel.

En espérant que ces précisions puissent être utiles...