Comme vous le savez, j'ai terminé mes études, après 5 années aux Beaux-Arts de Lorient, en juin dernier. Mais on ne quitte pas cette école comme ça et encore moins après y avoir passé 5 longues années.

Il y a un mois de ça j'ai appris qu'un poste de technicien vidéo se libérait. Après m'être fait pistonner avoir subi de nombreux entretiens et avoir énormément combattu, j'ai eu le poste* (au passage, merci David). Ma rentrée s'est déroulée jeudi dernier (le 1er), soit 19 jours avant celle des étudiants. Cette absence d’étudiants ne poserait aucun problème si le rôle principal de mon poste n'était pas de les aider. Voici une petite narration de mes deux premiers jours de travail**:

 

9h00, je suis devant la porte de l'école. Je tiens mon nouveau trousseau de clés d'une main ferme : il contient environ 13 clés (dont je ne connais pas l'utilité pour certaines) et pèse au moins un kilo. La clé principale étant celle de la machine à café qui me permet d'avoir les boissons pour 18 centimes seulement (mon projet d'arrêter le café cette année est donc définitivement enterré).

Je franchis le pas de la porte de l'école. Je suis tout de suite saisi par un vide intersidéral, la seule chose daignant répondre à mes appels étant mon propre écho. Une violente envie de café à 18cts se faisant sentir, je me précipite vers la machine à café, insère ma clé et la crédite de 10€ direct (même si je sais qu'ils ne vont pas durer longtemps). Après m'être fait servir un café, je vois Delphine et Anne (l'une s'occupe de la communication de l'école et l'autre tient l'accueil) entrer dans l'école : une lueur d'espoir ! 25 minutes de papotage n'ont pas été de trop pour combler le vide qui avait bien failli avoir raison de moi juste avant, puis, prenant mon courage à deux mains, je décide de monter d'un étage et de me diriger d'un pas décidé vers le bureau du directeur de l'école.
Je le trouve donc, comme prévu, derrière son bureau et son vieil ordi (je n'ai jamais compris pourquoi, avec le salaire qu'il doit toucher, il n'en change pas). Je lui demande s'il a des choses à me faire faire pour ma première journée. "Oh, tu sais, là on va assister à une réunion avec Delphine et on rentrera pas avant ce soir. Du coup on te donnera un truc à faire plutôt demain". La messe est dite : je vais me faire grave chier aujourd'hui...
Après avoir gravi le deuxième étage, je rentre dans mon antre et m'attèle immédiatement à mes lourdes tâches : arroser les plantes et faire des mises à jour sur les vieux macs (ce qui m'a d'ailleurs bien occupé étant donné le retard de mises à jour accumulé sur chaque machine).

11h00 ma journée est finie... enfin, pas vraiment vu que je dois pas partir avant 17h30... La journée va être longue... très longue...
J'ai réussi, péniblement, à survivre jusqu'à la fin de la journée, en naviguant entre : regarder les voitures passer à travers la fenêtre, prendre un café à la machine, papoter avec le personnel, glander sur Internet.

Le lendemain, rôdé par l'expérience de la veille et méfiant quand au supposé "travail à faire" promis par le directeur, je prévois du boulot perso à terminer. Je dois dire que j'ai bien fait d'être prévoyant, le fameux "boulot" étant une mise en page d'un texte sur un document A5. Ledit texte n'existant pas encore, je n'ai donc, logiquement, rien eu à faire... J'ai passé ma journée à bosser sur du taff perso.

La rentrée des étudiants est le 19, je sens que je vais apporter un calendrier et cocher chaque jour jusqu'à la rentrée pour me donner du courage...

 

* Non, en vrai, ils cherchaient un ancien étudiant sachant utiliser le matériel et connaissant les logiciels, c'est bien tombé.

** Loin de moi l'idée de critiquer les fonctionnaires et encore moins de dire qu'ils ne font rien. Sans le personnel l'école ne pourrait tout simplement pas fonctionner, ils font tous un boulot super. Le fait est que les étudiants ne rentrent que le 19 donc l'école est vide et donc pas franchement dynamique.