mda.jpgJe viens de rédiger un article en deux parties sur le webzine de mon association Multi-Prises où je fais état de la condition d'artiste plasticien en France.
Précarité, magouilles, administration tordue et perdue, sont au coeur du quotidien d'un artiste plasticien. C'est ce vécu que j'ai tenté de décrire dans cette première partie (une seconde proposant des perspectives pour l'avenir arrivera d'ici quelques jours) où je tente d'apporter un éclairage pour ceux qui en savent pas ce qu'est être artiste plasticien en France. Pour ceux qui vivent, comme moi, ce quotidien, ce peut être aussi l'occasion de partager une expérience que je pense commune.

Les deux parties des articles sur Multi-Prises : Etre artiste en France - Partie 1 : Et toi tu fais quoi ? - Etre artiste en France - Partie 2 : Qu'est-ce que tu veux faire plus tard ?

« Et toi, tu fais quoi ? »

Question piège, à laquelle j'ai toujours beaucoup de mal à répondre. Alors je déroule mon rituel : un petit silence de quelques secondes, une lente respiration, un sourire forcé, puis je réponds « alors moi c'est compliqué... »

Pourquoi est-ce si compliqué d'avouer que l'on est artiste ? Pourquoi me sentirais-je gêné d'avouer ma véritable profession, puisqu'après tout j'ai les diplômes, le numéro de SIRET, j'ai tous les papiers qui prouvent légalement que je suis artiste plasticien, enregistré à la Maison des Artistes. En vérité ce malaise en cache un bien plus profond : la profession d'artiste plasticien n'existe pas vraiment en France.

Lorsqu'on choisit une filière artistique après le lycée, on est prévenu dès le départ « oulalaaaaa » nous disent les conseillers d'orientation, « oulalaaaa » nous disent nos parents, « oulalaaaa » nous dit la société en général.
Oulalaaa parce que cette filière ne rentre dans aucune case, les conseillers ne savent pas quels documents nous donner pour nous aider à se vendre sur le marché du travail, les parents s'inquiètent de notre avenir, et c'est clairement un problème qui va se poser pour trouver sa place dans la société. Pourtant j'ai choisi le chemin le plus sûr en choisissant une école publique : un Master en poche et mes papiers d'affiliation à la maison des artistes validés, me voilà totalement en règle pour faire valoir mon métier d'artiste plasticien.

Et c'est là que les problèmes commencent..

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