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James Bond : ma critique sur la nouvelle saga

Une chronique cinéma pour traiter d'un film actuellement au cinéma, le nouveau James Bond : Skyfall.

James bond
Un flingue, des femmes, des voitures, un Bond
et une légère dose de testostérone

Avant de parler de ce 23ème opus, je voudrais revenir sur le nouveau cycle entamé avec l'arrivée de Daniel Craig (le 6ème acteur à interpréter James Bond), qui correspond, selon moi à une cassure nette avec le genre vieillissant et moribond de la licence 007.

Avant Casino Royale (qui est le premier film du nouveau cycle avec Daniel Craig), je voyais les films de James Bond plus comme une sorte d'hommage nostalgique à l'époque de la guerre froide. Le schéma classique du bloc de l'est affrontant celui de l'ouest était, même avec les films interprétés par Pierce Brosnan, la trame narrative classique de tous ces opus. Jusqu'alors Bond représentait un agent secret dans ce qu'il a de plus "classe" : belles voitures, beaux costumes, un dragueur hors pair, toujours avec un verre de Martini-vodka (mélangé au shaker, pas à la cuillère), se débarrassant de ses ennemis avec un coup de révolver, sans effusion de sang.

L'image de Bond était donc presque celle d'un super héros, symbole ultra-machiste d'un homme, un vrai, riche, fort séduisant et intelligent qui sauve la monde.

Le problème avec cette image c'est qu'elle a réellement fait son temps. Déjà la scission est-ouest n'existe plus, ensuite le schéma machiste véhiculé par Bond est réellement devenu cliché voire kitch. Même si j'ai toujours autant de plaisir à regarder les anciens 007 (ça dépend, il y en a aussi de très mauvais), j'avoue que ce type de scénarios devient, à force, lassant.

Par ailleurs, l'arrivée de licences concurrentes, nettement plus "fraiches", telles que la trilogie Jason Bourne (la mémoire dans la peau, la mort dans la peau, la vengeance dans la peau) ont réellement mis James Bond au placard, dans la catégorie "antiquités à dépoussiérer de temps à autre".

C'est alors que sort, en 2006, Casino Royale, premier volet du cycle Daniel Craig, qui casse littéralement les codes de l'agent 007 et ce pour plusieurs raisons.

Lire la suite de l'article sur multi-prises.fr

Mon nouveau dossier d'artiste

dossier-artiste-2012.jpg

Je n'en avais jamais fait avant, mais voilà mon nouveau dossier d'artiste.

Il contient une petite sélection de certains de mes travaux, en vidéo, installations et art numérique, ainsi qu'un CV.

Vous pouvez le télécharger ici au format pdf (1,90Mo).

 

Enquête diplômés DNAT/DNAP - Ministère de la culture

Les anciens étudiants en art le savent sûrement, mais le ministère de la culture a mandaté un organisme privé pour réaliser un sondage auprès des anciens étudiants en art ayant obtenu leur diplôme. Cet étude est réalisée tous les ans (ou tous les deux ans) et a pour but de pouvoir donner des chiffres sur l'insertion professionnelle des jeunes diplômés.

Cela pourrait être une bonne idée, si seulement les chiffres récoltés n'étaient pas arrangés (je ne dis pas modifiés, juste présentés sous un bon angle) afin de faire briller les apparences et présenter une belle façade de ce qu'est un cursus d'études artistiques.

Vu que je ne répond jamais à ces enquêtes (que je trouve bidon), je reçois régulièrement ce genre de courriers :

Ceci est une relance à destination des diplômés n’ayant pas répondu à l’enquête. Merci infiniment d’y prêter  attention et de répondre au questionnaire.

Bonjour,
Le Département des écoles supérieures d'art et de la recherche de la Direction générale de la création artistique du Ministère de la Culture souhaite connaître les parcours des étudiants issus du réseau des écoles supérieures d'art dont elle assure le contrôle pédagogique après l’obtention de leur DNAP ou DNAT.
Pour ce faire, la DGCA a confié au cabinet XXXX Conseil la réalisation d'une étude sur un échantillon de 14 établissements à l'échelle du territoire national, portant sur les conditions de la poursuite de parcours académiques au sein ou hors des écoles d'art et de l'insertion professionnelle des étudiants titulaires du DNAP ou du DNAT diplômés en 2009 ou 2010.
Nous vous contactons afin de vous demander de participer à cette enquête en renseignant le questionnaire auquel vous aurez accès en vous connectant sur le site Internet dédié
http://www.lenomdusite/lenquete.html
Nous vous remercions par avance de votre participation et de l'intérêt que vous porterez à cette enquête dont les réponses seront traitées de façon tout à fait anonyme, conformément à la déontologie en vigueur.

Cordialement,

Y. L.
Sociologue
Consultant

Un peu agacé par ces nombreuses relances, je me suis décidé à leur répondre :

Bonjour,

comme vous le signalez je n'ai pas répondu au précédent questionnaire, malgré les nombreuses relances que vous avez émises.

Je ne le ferai pas.

Ce questionnaire, ou plutôt ce qui en est fait, participe selon moi à un vaste programme de désinformation. Les chiffres qui sont émis, je les connais, je les cite aux parents lors des forums d'orientation :

"plus de 80% des étudiants qui ont obtenu un DNSEP ont trouvé un travail en moins de 2 ans dans le secteur culturel au sens large".

Quelle blague ! Je suis graphiste freelance (affilié à la maison des artistes), ce qui me vaudrait de faire partie de ces fameux 80%. J'ai des amis qui ont trouvé des petits boulots de 8h par semaine pour donner des cours d'art plastique aux enfants, eux aussi y rentreront.

Sous ces beaux chiffres se cache une autre réalité. Graphiste freelance est un boulot alimentaire, qui permet à peine de payer le loyer. Les petits "plans" que les anciens étudiants se trouvent sont juste des appoints, le reste du temps, ils bossent en tant que livreurs de pizzas ou autres jobs.

Quand on parle du cursus professionnel qui suit après 5 ans d'études en art, il ne faut pas citer de chiffres !

Les chiffres on peut leur faire dire ce que l'on veut, selon la manière dont on les présente. Ce n'est donc qu'un pur mensonge. Dans ma promotion, sur 16 diplômés, seuls 2 ont véritablement trouvé un travail en CDI qui leur permet d'envisager une carrière professionnelle. Et ces deux anciens étudiants ont du coup abandonné toute production artistique.

La formation en école d'art est une formation non professionnalisante, point.
Les écoles d'art forment des artistes avant tout. Une école d'art apporte à un étudiant une réflexion personnelle et plastique, lui permettant de réaliser une création plastique individuelle, unique et de qualité. Cette formation peut servir dans d'autres professions, mais ne propose pas et ne proposera jamais de débouchés directs.

Car ce que ces chiffres ne disent pas c'est qu'être artiste c'est un métier. C'est un métier dont on ne vit pas (ou très mal) et qui implique de s'engager dans des solutions alternatives pour pouvoir survivre. Soit en complétant par un travail alimentaire à mi-temps, soit en mettant de côté toute idée de luxe ou d'achats superficiels.

Alors oui, ce que je dis ne rassure pas les mamans lors des forums d'orientation. Ce que je dis ne fait pas briller les belles directives du ministère de la culture qui veut une formation avec des débouchés (encore une preuve évidente de la méconnaissance du législateur à notre égard). Mais ce que je dis est la réalité.

Alors non, je ne répondrai pas à votre questionnaire. Car il ne propose ni les bonnes questions ni les bonnes réponses.

En vous souhaitant une agréable journée !


--
Thomas

A ce jour, j'attends toujours une réponse à mon mail...

Avatar, complexe archaique fécond

(projet en commun de Guillaume Lepoix et Thomas Daveluy)

Bachelard, reprenant les théories de Jung, évoque la notion de complexe archaïque fécond[1]. Il théorise le fait que la destruction (notamment par le feu) est le moment d'existence ultime de l'objet.
Ce complexe est archaïque, puisqu'il date du début de la civilisation humaine.

Ce passage par la destruction apporte une preuve tangible de l'existence de l'objet en tant qu'élément réel (comment détruire quelque chose qui n'existe pas ?).

Par ailleurs, le feu est un élément hautement symbolique. Vénéré par toutes les civilisations, c'est en effet un objet de fascination, vital, mais destructeur. Il est l'élément d'un passage, d'une transition vers un autre état (purification en général), créant une ambivalence entre quelque chose qui disparaît et un nouvel élément qui apparaît. En Amérique latine on brule des épouvantails lors du nouvel an (del año viejo - le bonhomme de la vieille année) afin de mettre fin aux vieilles rancœurs de l'année passée, ce qui permet de recommencer une nouvelle année sereine. Le feu n'est donc pas une fin en soi, c'est bel et bien un élément transitoire.

Dans cette vidéo, le but initial était bien de tenter d'apporter cette preuve de l'existence de l'objet virtuel. Le personnage qui brûle (que je nommerai l'avatar) est une modélisation en 3D de la personne qui fait l'action sur la vidéo (que je nommerai le référent). Cet avatar a volontairement été conçu avec très peu de polygones (à peu près le même nombre que ceux qui composent le personnage de Lara Croft dans Tomb Raider). Sorte d'archétype des jeux vidéos des années 90, ce personnage, de part la manière dont il est construit, renvoie immédiatement au monde virtuel duquel il est issu.

Volontairement plus grand que le modèle original, il fallait pour nous que cet avatar prenne une dimension légèrement plus importante que son référent. L'avatar dans le jeu vidéo est un personnage auquel le joueur apporte beaucoup d'importance (bien plus qu'à sa propre image parfois). L'avatar permet de se construire, ou plutôt de se reconstruire une identité idéale, ou du moins améliorée.

Lorsque la vidéo commence on peut se demander si cet objet est issu de l'espace réellement filmé ou s'il a été ajouté par la suite (auquel cas il ferait partie du monde virtuel). L'incertitude persiste jusqu'au moment où l'avatar commence à brûler (il est réel puisqu'il se détruit). En brûlant son propre avatar, le référent affirme alors l'existence réelle de son modèle tout en induisant une volonté d'en finir avec lui, sans doute pour passer à autre chose (avec la même facilité avec laquelle on supprime son profil dans un jeu ou sur un site).

Lorsque l'avatar commence à tomber, son référent le soutient, presque s'il l'assistait dans sa propre mort. Puis, une fois à terre, la destruction étant désormais inéluctable, le référent s'en va.

Au final que reste t-il ? Une tête, immobile, impassible, presque pitoyable. Ce regard plongé dans le vide, rappelant celui d'un cadavre, ne vient-il pas confirmer la dualité existentielle de cet archétype en carton (un peu comme un marionnettiste fait prendre "vie" à quelques bouts de tissus) ? Si le dernier plan fait appel à l'image d'un mort, cela n'induit-il pas qu'il y a eu un vivant auparavant ?

L'avatar est-il une entité si fictive ? Si dématérialisée, si irréelle ?

[1] - Gaston Bachelard, la psychanalise du feu - folio essais

display:none;

Cela fait maintenant plus de 6 mois que je travaille sur un projet qui vient enfin de voir le jour.

Ce projet est à l'initiative d'un séminaire de recherche sur l'auto archivage comme œuvre d'art mis en place par un de mes anciens profs à l'EESAB de Lorient : Julie Morel. L'intitulé du projet était simple : devant la frénésie d'archivage dans laquelle notre société s'est engagée et la multitude d'outils existants pour y parvenir, comment un travail artistique peut-il s'en emparer et questionner cette pratique ? Je cite Julie Morel sur son blog : « [...] il ne s’agit pas ici de lister un nombre d’expérimentations ou d’espaces d’archivages d’artistes dont le contenu serait intéressant, mais bien de s’emparer de ces outils et les transformer en matière à pratiquer une recherche jusqu’à en faire œuvre, tout en y portant un regard critique. »

Ce séminaire, en plus de faire appel à des artistes, écrivains et critiques, a laissé la possibilité à plusieurs étudiants en art de s'y intéresser et de proposer une réflexion plastique, dont moi même (j'étais encore étudiant à l'époque).

J'ai donc rejoint le groupe en proposant mon projet (développé sur une idée commune avec Guillaume Lepoix) : display:none; dont voici le rendu (j'explique ma démarche et mes intentions en dessous).

Explications :

display:none; est une carte.
Une carte interactive regroupant l'ensemble des pages d'un ou plusieurs sites web et qui se reconfigure en permanence. Chaque fois qu'une nouvelle entrée (billet, page, post, etc...) apparaît sur un site, la carte se recentre sur celle-ci et se reforme de telle sorte qu'elle n'affiche que des entrées ayant des points communs avec la première.

display:none; exploite la notion de flux, notion intrinsèque au web d'aujourd'hui (web 2.0).

Aujourd'hui, encore plus qu'avant l'Internet est devenu un vaste flux d'informations en perpétuel mouvement, instable et presque infini. Toute tentative de représentation de ce qu'est Internet (en terme de contenu et de lien) ne peut être que forcément subjective et simplifiée. IBM prédisait en 2006 que la masse d’informations dans le monde doublerait toutes les 11 heures en 2010 [1]. Selon une estimation il y aurait en 2011 1.8 zetaoctets de données dans le monde (soit 1.8 milliards de Téraoctets ou 1800 milliards de Gigaoctets)[2]. Ces chiffres amènent à un simple constat : Internet est un océan de données en perpétuel croissance dont l'ampleur est devenue incompréhensible et inimaginable pour l'être humain.

display:none; part de ce constat pour tenter de le représenter en plongeant l'utilisateur directement au sein de ce flux d'informations. La radicalité du projet consiste à n'afficher qu'une image par entrée (prélevée au sein de chaque page correspondante), ce qui la décontextualise, la rendant même parfois totalement incompréhensible. Ainsi, même si chaque entrée correspond bien à une vraie page présente sur le web (il est d'ailleurs possible de s'y rendre), le visiteur ne possède aucune information (du moins textuelle) sur la nature de cette entrée tant qu'il ne l'a pas visitée.

L'utilisateur de display:none; peut naviguer au sein de ce flot d'informations en y voyageant sans véritable direction, avec pour unique repère visuel des images totalement décontextualisées. Sans repère, sans même savoir quelle est la nature des liens entre les images, le visteur se retrouve à faire un voyage au sein d'un objet graphique à part entière.

A propos du nom :

display:none; est une propriété CSS (c'est un bout de code qui permet de mettre en page un document web).
En l’occurrence display:none; permet de supprimer totalement un bloc (si j'applique cette propriété au titre de mon billet par exemple il va totalement disparaître de l'écran). C'est sans doute une des propriétés de mise en page les plus radicale. J'ai donc choisi de nommer ainsi ce projet pour le point commun qu'il partage sur le traitement qu'il fait au texte : le supprimer totalement.

display:none; est aussi un outil libre de droits

Quitte à développer et à programmer un outil tel que displaynone;, je me suis dit qu'il valait mieux en faire profiter d'autres. display:none; est donc téléchargeable gratuitement et sous licence libre de droits (GPLv2). Il est possible de l'installer sur n'importe quel serveur disposant d'une base de données MySQL. Pour plus de détails, j'ai une page réservée au projet sur mon site :

Je remercie une fois encore Julie Morel (sans qui ce projet n'aurait jamais émergé) et Guillaume Lepoix (pour ses nombreux conseils sur les directions à prendre).

[1] Wikipedia : stockage d'informations - problématiques du stockage
[2] Actualité : 1,8 zetaoctets de données dans le monde - Clubic

Mon amour du comic sans

Préambule :

Pour ceux qui ne la savent pas encore (mais j'en doute) le Comic Sans MS est une typographie réalisée par Vincent Connare en 1995 pour Microsoft (d'où le MS à la fin). Très largement contestée dans le milieu du graphisme (idéal pour se discréditer définitivement en tant que graphiste) elle est encore très populaire dans le milieu des kikoolol ou des employés de mairie, et pour cause, c'est une des rares typographies distribuées par défaut avec un ordinateur. En gros cette typo ressemble à ça :

Cette typographie est hideuse

Pourquoi est-elle aussi détestée? Pour plusieurs raisons:

  • Elle ne correspond pas aux règles de typographie de base : pas de variante de graisse, pas de variante en italique, pas de table d'approche (si, vous savez, les différences quand certains caractères se retrouvent côte à côte)
  • Elle n'a pas été conçue pour être utilisée pour des blocs de textes, mais pour simuler une écriture manuscrite dans les bulles des BD (d'où le nom "comic")
  • Elle a été beaucoup trop utilisée par le grand public avec des mariages de couleurs peu subtils (qui n'a pas utilisé cette police pour inviter ses copains à un goûter d'anniversaire quand il avait 8 ans?), ce qui l'a rendue très rapidement kitch et apparentée à un usage peu professionnel

Une petite comparaison avec d'autres typos beaucoup plus sérieuses :

polices.jpg

Déformation professionnelle...

Étant quelque peu sensibilisé à la rigueur graphique, mon œil déformé ne peut s'empêcher de se focaliser sur une erreur de mise en page, un problème de césure, une police d'écriture du plus mauvais goût, etc... Ceux qui me connaissent au quotidien savent de quoi je parle : je passe mon temps à faire la chasse au comic sans.

Prenons par exemple un site web, choisi par mes soins pour ses qualités graphiques indéniables :

site001.jpg

J'ai bien-sûr flouté le titre et l'url afin que personne ne puisse reconnaître le site en question. Si certains d'entre vous croient reconnaître ce site, c'est évidemment une pure coïncidence, tout au plus une libre inspiration de ma part.

Passons donc à une analyse approfondie de ce merveilleux design. Chez moi on appelle ça une mise en page pop-corn ou encore une mise en page carnaval. Véritable festival de couleurs et de typographies, plus disgracieuses les unes que les autres, cette page noie le regard sous un flux d'informations, à tel point que le visiteur lambda ne sait pas où se retrouver.

Analysons maintenant un peu cette page, telle que je la vois :

site002.jpg

Puisqu'il s'agit d'un site web il est facile de séparer les différents éléments en blocs contenant différentes informations. Je reconnais donc un schéma assez classique : le header (haut de page) contenant titre, menu et différentes informations de connexion, en dessous le corps du site contenant tous les blocs moches, puis le pied de page (non visible sur l'image) avec différentes informations sur la navigation et le copyright. Autant dire qu'avec une structure aussi classique je ne suis pas aussi perdu que ça. Mais en vérité, sur ce site, je ne vois pas les choses comme ça, je les vois plutôt ainsi :

site003.jpg

Et oui, même en tout petit par rapport aux autres éléments, je repère le Comic Sans à plusieurs pixels à la ronde.

Mais qu'est-ce que cela veut dire ? Et bien c'est très simple : la publicité qui contient cette affreuse typo est la seule et unique chose que j'ai repéré (du moins au premier coup d’œil), faisant d'elle l'annonce la plus percutante de cette page. Le graphiste qui a conçu ce bandeau a tout compris, puisqu'il a réussi à accrocher mon regard malgré l'importante concurrence visuelle à laquelle il a du faire face.

En conclusion :

Pour les graphistes, le Comic Sans MS est une typo d'avenir puisque c'est celle qu'ils repèrent en premier !

J'en déduis donc que le choix de cette typographie est sans doute le choix le plus judicieux si le public visé est composé en grande majorité de graphistes. Leur déformation professionnelle, à laquelle ils ne peuvent plus rien (et oui, c'est trop tard pour eux), va immédiatement les conduire à porter leur regard sur les zones contenant cette typo.

Pour terminer voilà quelques démonstrations en exemple :

adb.jpg ggl.jpg fcbk.jpg

Dans le train...

Les fêtes de fin d'année rimant avec réunion de famille, et ma voiture ne m'inspirant plus trop confiance (surtout depuis qu'elle s'est mise à imiter les avions lors du défilé du 14 juillet), j'ai été obligé de trouver un moyen de transport alternatif pour me rendre dans le sud : le train (vous savez les vieux corails qu'on a repeint en violet pour faire croire qu'ils sont neufs).

On m'a souvent demandé pourquoi je détestais prendre le train. Après tout on peut dormir, lire, travailler et ce, dans un confort presque acceptable. C'est justement sur ce presque que j'aimerai insister. En dehors du fait que les horaires et les conditions de voyage avec la SNCF soient en lien direct avec la théorie du chaos, il y a surtout une chose que je cherche à éviter à tout prix lorsque je prend le train : les tranches de vie.

Voilà celle que j'ai en face de moi actuellement (je suis dans le train à l'heure où j'écris ces lignes):

A première vue, elle ne m'a pas paru étrange, du moins pas de visu. C'est une femme assez âgée (70 ans peut-être) qui s'habille et se coiffe comme l'on pourrait s'y attendre d'une personne de cette génération. Je n'ai donc pas prêté attention à elle lorsque j'ai rangé mes bagages et que je me suis assis en face plongeant ma tête dans mon bouquin.

C'est une fois encore le son qui a scellé ma rencontre avec cette tranche de vie.

- Hyperventilation -

C'est le premier mot qui m'est apparu à l'esprit et qui m'a fait lever les yeux de mon livre.

Une respiration forte, tremblante, gémissante, très rapide, parfois saccadée, souvent coupée par une rapide déglutition ou par un long souffle.

C'était elle, visiblement à la recherche de quelque chose. Elle ne tenait pas en place, s'accrochait régulièrement à la table, levait la tête pour regarder par dessus les banquettes et changeait constamment de position. Je crois n'avoir jamais vu quelqu'un d'aussi stressé, ou du moins qui l'exprimait avec autant de bruit. J'avais l'impression que son monde s'était effondré et qu'elle mélangeait anxiété, peur, perte et impatience.

Le stress étant communicatif j'ai essayé de ne pas entendre et de replonger dans ma lecture. J'ai du lire deux mots avant de violemment sursauter :

« Oooooh, mais qu'est-ce qu'il fait là hein, il est oùùùùùù ? »

Je pense n'avoir pas été le seul à avoir eu cette réaction vu que presque tous les occupants du wagon se sont immédiatement tournés vers elle (hormis mon voisin de gauche qui semblait plongé dans un sommeil proche du coma). Visiblement elle ne pouvais plus se contenir, c'était plus fort qu'elle, il fallait que ça sorte.

Bassement abandonné par mon voisin de gauche (trop occupé à roupiller) et vivement soutenu par une vingtaine de regards accusateurs (ouh, le vilain, il n'aide pas cette pauvre femme en difficulté), je me suis retrouvé tout seul à devoir m'occuper du problème.

Après une discussion tout droit sortie d'un livre de Ionesco (je me suis rapidement rendu compte que la femme était à moitié sourde vu qu'elle répondait n'importe quoi à mes questions la plupart du temps), j'ai fini par comprendre que son mari était parti vérifier les bagages et qu'il n'était toujours pas revenu.

Ne connaissant pas, de mémoire, de cas de disparitions de gens dans un train depuis 1920, je tente de rassurer la femme en lui disant que son mari va revenir, qu'il ne faut pas qu'elle s'inquiète.
En vain.

La crise de panique a continué encore durant plusieurs minutes, jusqu'à ce qu'un grand « Aaaaaah, le voilààààà !!!! » n'y mette fin (le mari ayant refait surface).

L'objet de la peur ayant disparu (le mari étant réapparu) et l'hyperventilation cessant peu à peu, j'ai pu souffler un grand coup, me disant que je pourrai enfin finir mon livre tranquille.

...

« Les bagages sont introuvables ! »

Cette phrase, déclarée par le mari, s'est avérée lourde de conséquences :

D'une part, elle a presque immédiatement replongé la femme dans son anxiété démesurée, relançant le cycle hyperventilatoire à sa vitesse de croisière, et, d'autre part, elle a provoqué chez moi un instant d'extrême lucidité : je ne peux rien faire et j'en ai pris pour 4 heures.

Je sens que le voyage va être long !

Colère

J'ai du le voir pour la première fois quelques jours après mon arrivée à Lorient, c'est à dire il y a maintenant 5 ans. Je rentrais d'un repas chez des amis, il était donc relativement tard (peut-être 1h du matin) et, habitant à l'époque près de la gare d'échanges (un quartier peu tranquille la nuit), je marchais d'un pas décidé et d'un œil attentif (aussi attentif puisse-il être après un bon repas arrosé de vin).

Je l'ai entendu avant de le voir :

«Ouaieuuuu, sarkozyiiiieu enculééééeuuu, c'est toujours pareileuuuu, franchement on nous prend pour des conssssseuuu, non, vraiment, il y en a marreuuu, z'êtes pas d'accord, hein, z'êtes pas d'accord vous heineuuu, c'est toujours pareileuuuu [...]»*

Je venais de rencontrer Colère.

Colère (c'est le nom que je lui ai attribué étant donné que je n'ai jamais vraiment osé lui demander) est un homme d'une quarantaine d'années, cheveux grisonnants, souvent vêtu d'un long manteau beige-délavé, toujours en jean et, surtout, toujours en colère.

Ma première rencontre avec lui a été assez tendue, je n'étais pas vraiment rassuré sur ses intentions : était-il violent ? voulait-il qu'on lui réponde ? que faire ? En bonne personne courageuse que je suis, j'ai fait semblant de ne pas le voir ni de l'entendre (chose assez difficile vu le nombre de décibels et ses gestes dans tous les sens) et j'ai passé mon chemin.

Le lendemain, sans doute en milieu d'après midi, j'ai entendu la même mélodie. Un peu curieux (mon courage ayant retrouvé son maximum maintenant que les rues étaient pleines de monde) je me suis rapproché et j'ai revu Colère... toujours en colère. Cette fois-ci je suis resté un peu, sans doute pour essayer de comprendre le personnage. C'est à cette occasion que je me suis rendu compte qu'il était inoffensif. Il toisait les gens à la recherche d'une personne capable de lui apporter son soutien. Les passants, visiblement aussi courageux que moi la veille, semblaient adopter le même comportement : surtout faire semblant de ne pas voir. Cette scène m'a souvent amusé d'ailleurs les autres fois où j'ai revu Colère, c'était presque devenu un jeu d'observer la réaction (ou plutôt la non-réaction) des passants face à cet homme.

Je l'ai recroisé bon nombre de fois pendant plusieurs années, presque comme s'il faisait partie intégrante de cette ville. C'était souvent le même scénario : je l'entendais, ce qui avait pour effet de décrocher un sourire sur mon visage, puis je le voyais, fidèle à lui-même, identique, inchangé malgré les années qui passent. Je crois que j'ai toujours eu beaucoup de compassion pour Colère, il n'était pas méchant, il ne faisait de mal à personne.

Puis un jour il a disparu. C'était il y a 2 ans.

 

Epilogue:

Hier soir, j'ai revu Colère. Je dois dire que j'ai ressenti une grande joie de le retrouver, vivant. Cependant quelque chose avait apparemment changé chez lui : il n'était plus en colère. Nous étions à un concert dans un bar ce qui m'a permis de l'observer discrètement. Si sa colère s'était calmée, il n'en était pas moins resté inchangé, toisant les gens dans tous les sens pour leur dire à quel point le concert était bien et à quel point le guitariste avait une magnifique guitare. Certains le prenaient pour un relou-de-base et lui répondaient de manière succinte sans vraiment le regarder, mais d'autres entamaient la conversation avec lui.

Il aurait pu me faire un peu de peine, mais j'ai vu le changement radical dans la réaction des gens (avant ils faisaient tous semblant de ne pas le voir) j'étais content pour lui.

Mais du coup comment vais-je l'appeler maintenant ?

 

*Nicolas Sarkozy était à l'époque ministre de l'intérieur et faisait déjà parler de lui

Melancholia de Lars Von Trier

affiche-Melancholia-2010-4.jpgJe suis allé voir jeudi dernier Melancholia de LVT, ce film fait partie des meilleurs que j'ai pu voir cette année.

Au début le film commence un peu comme Tree Of Life (un film qui prétend montrer la beauté du monde sur fond d'écran Apple), j'avoue que j'ai eu un peu peur. Sauf que Lars Von Trier ce n'est pas Terrence Mallick et qu'il ne s'embourbe pas dans un discours niaiseux en filmant le soleil dans les arbres (quoi qu'il s'embourbe avec son discours sur le nazisme, mais c'est pas le propos du film). Les deux films sont assez similaires en apparence, mais leurs intentions divergent.

Tree Of Life propose de belles images pour nous faire croire que le monde est beau (n'est-ce pas un non-sens de montrer un monde esthétisé pour témoigner de sa beauté ?). Mallick nous montre alors une belle pub Areva comme il l'avait déjà fait avec Nouveau Monde (avec de belles phrases "Dieu, tu m'a tendu les bras", ressemblant trait pour trait aux slogans EDF "On vous doit plus que la lumière"). J'ai trouvé ce film moralisateur, peu subtil (balancer Lacrimosa après la mort d'un enfant c'est très très fin...), séduisant et esthétisant, bref extrêmement prétentieux.

Melancolia est à l'opposé une œuvre beaucoup plus noire. D'abord, les "belles" images sont très différentes, puisqu'elles sonnent plus comme des tableaux représentant les derniers moments de vie des personnages que comme une prétendue représentation du monde (d'ailleurs un des tableaux est issu directement du rêve d'un des personnages). Le côté romantique prend alors tout son sens et finit par se diriger, lentement, vers une mélancolie totale (le film est tout autant mélancolique que le personnage principal). Ensuite, le film se contente de témoigner de la fin du monde uniquement à travers 2 personnages (3 avec l'enfant). Melancholia part donc du petit pour aller vers le grand, à l'inverse de Tree Of Life (où le début du film nous dresse une carte de l'infiniment grand à l'infiniment petit en s'étalant sur une période allant de la préhistoire à nos jours, rien que ça!). C'est donc une œuvre qui, bien que traitant d'un sujet aussi lourd que la mélancolie, ne se perd pas dans un récit trop vaste en se concentrant sur l'essentiel : l'acceptation de la fatalité. En bref, un véritable remède pour ceux qui, comme moi, ont du mal à se remettre du film de Mallick.

110706_Melancholia.jpg

Si vous n'avez pas vu le film, je vous conseille de vous arrêter là, ça va pas mal spoiler.

L'histoire est volontairement simple : une planète du nom de Melancholia surgit de derrière le soleil et se dirige vers la terre, signant irrémédiablement la fin du monde. Pourtant, l'histoire ne se concentre que sur les deux sœurs, Justine (Kirsten Dunst) et Claire (Charlotte Gainsbourg), aux caractères (et aux physiques*) fondamentalement opposés : l'une sombre dans une mélancolie totale et accepte la fatalité comme une sorte de délivrance tandis que l'autre se bat contre un sort pourtant inévitable (la séquence où Claire tente de fuir la fin du monde avec une voiturette de Golf est des plus ridicule).

L'analogie entre les deux planètes qui se confrontent et les deux sœurs est d'ailleurs étonnante. La Terre, étonnamment petite face à Melancholia, serait Claire (très maigre) face à Justine (très plantureuse). Le destin des deux sœurs est scellé à l'instar de celui des deux planètes qui vont se heurter. Si je vais plus loin, je pourrai même dire que Claire a tout à perdre (elle a un enfant qu'elle veut protéger à tout prix), comme la Terre qui abrite la vie, alors que Justine, qui vient de massacrer sa carrière et son mariage (on pense d'ailleurs à Festen de Vinterberg pour la séquence du mariage) est comme Melancholia : un corps céleste sans vie (dans sa phase la plus basse Justine ne trouve même plus la force de marcher) qui précipite le monde dans sa propre chute.

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Pour mettre un terme à tout espoir, LVT décide, dans une séquence très bien emmenée, de déclarer et de prouver qu'il n'existe pas de vie ailleurs. La collision des deux planètes signe donc l'anéantissement total de la vie dans l'univers. Et Trier décidera justement de terminer son film lors de la collision, comme si la disparition de la vie entrainait logiquement la disparition du film : il n'y a plus rien après.

La fin du film est d'ailleurs sublime : après avoir dressé un beau pied de nez à tous les films de catastrophe hollywoodiens (Claire propose d’assister à la fin du monde avec un verre de vin, très cliché, et se fait remballer par Justine qui lui propose plutôt "d'attendre dans les chiottes") Trier nous dresse une dernière image choc : les personnages, réunis dans une "cabane magique" assistent à l'arrivée fulgurante de l'immense planète qui remplit le ciel. La fragilité et la puérilité de la cabane (c'est l'enfant qui demande à ce qu'on la construise) entre en contraste direct avec cet immense corps qui fonce à une vitesse folle et dont le gigantisme dépasse l'entendement. Cette séquence sonne presque comme l'image même de l'inéluctabilité.

*D'ailleurs c'est moi ou Kirsten Dunst s'est fait refaire les seins ?

Le rangement désorganisé ou le désordre rangé

Lorsque j’invite des gens chez moi pour la première fois j’entends souvent la remarque suivante :

« oh c’est bien rangé chez toi ! »

En réponse, je souris, bêtement, fais parfois le modeste « oh, mais c’est parce que vous veniez », parfois le faux-surpris « ah bon ? vous trouvez ? pourtant j’ai un crayon là posé sur la table qui n’est pas à sa place », mais je reste toujours très gêné...

...et pour cause :
     cette affirmation est totalement fausse !

Pour terminer avec cette image qui me suit depuis quelques années : non, je ne suis pas maniaque (les 15cm de vaisselle qui dépassent régulièrement de mon évier sont là pour en témoigner), je fais juste partie de la tranche de la population qui aime le «bordel rangé».

Selon moi, il existe deux types d’organisation : le rangement désorganisé d’une part et le désordre rangé d’une autre.

Le bordélique organisé est une personne qui entasse (comme tout le monde), mais qui n’a de cesse d’essayer de structurer son espace, hiérarchiser ses biens. Ainsi, il se munit d’espaces dits de rangement (placards, tiroirs, casiers, caves, etc...) et y place, selon une organisation qui lui est tout à fait personnelle, l’ensemble de ses biens. Il mathématise, géométrise, compose et décompose des zones spatiales dans lesquelles il va placer, au plus près de ses convictions structurelles, les objets qu’il possède. Parfois il pousse le vice jusqu’à mettre des étiquettes ou des bandeaux de couleur afin d’esthétiser son organisation.
Pourtant, à quoi cela lui sert-il?
Ces placards, il ne les ouvrira jamais, il entasse et accumule à l’infini, comme ces antiquaires qui vous font visiter leurs hangars remplis de vieilleries dont seules les araignées apprécient l’utilité. Ces espaces deviennent alors des non-lieux, des espèces de vestiges, composés d’objets en tout genre entassés, organisés, mais jamais consultés.
Souvent, le bordélique organisé n’a presque plus aucun souvenir des objets qu’il «range». Il est alors obligé de créer des listes ou des moyens mnémotechniques pour se retrouver dans sa propre (dés)organisation. Dans l’absolu, un bordel organisé serait une sorte de bibliothèque, où chaque oeuvre serait rangée par ordre alphabétique mais dont personne ne connaîtrait l’intégralité du contenu.
Si vous demandez à un bordélique organisé de retrouver sa facture EDF du premier trimestre 2009, il lui faudra très peu de temps pour ouvrir le placard qui contient la boîte qui contient le classeur qui contient l’intercalaire qui contient le fameux document.

Le maniaque désorganisé est une personne beaucoup moins centrée sur les apparences. Là où un bordélique organisé se vante (et n’a de cesse de le montrer d’ailleurs) de sa prétendue organisation, le maniaque désorganisé ne peut pas se cacher : son habitat est le reflet de son mode de vie. Lorsque l’on entre chez lui, on découvre presque immédiatement une architecture déconstruite, ressemblant plus à un Picasso (de son époque cubiste) qu’à un De Chirico. Le sol sur lequel il marche est constitué de plusieurs strates, composées d’un agglomérat de feuilles, d’ustensiles (stylos, couverts, etc...) et de poussière. Les parois de son habitat sont composées de murs, de livres et de cartons se soutenant les uns les autres pour porter la toiture depuis laquelle pend toute sorte d’objets organiques ou non.
Pourtant il sait parfaitement se retrouver dans son espace : il possède une sorte de géolocalisation ou de cartographie des lieux dans lesquels il entasse, à tel point qu’il peut y survivre presque sans aucun problème des jours durant. Le drame survient d’ailleurs lorsqu’un bordélique organisé vient semer la pagaille (comprenez «ranger») dans son espace, laissant notre maniaque désorganisé dans une sorte de léthargie post-traumatique due au fait qu’il ne retrouve plus du tout ses affaires.
Si vous demandez à un maniaque désorganisé de retrouver sa facture EDF du premier trimestre 2009, il lui faudra très peu de temps pour vous ressortir une couverture chargée d’histoire (notamment le dernier festival de rock où il pleuvait des cordes) contenant un coffre à jouets (le rose, celui de son enfance, offert par ses grands parents) dans lequel une boîte à chaussures (des adidas à -75%, une vraie affaire) renferme des crayons (utilisés au CM2), un petit soldat (volé à Jean-Luc à la maternelle) et le fameux document (un peu taché, du café renversé dessus).

Alors quelles différences ? Un bordélique organisé aseptise sa boulimie bordélique en lui attribuant des étiquettes et en empêchant un envahissement pourtant inévitable. Le maniaque désorganisé se laisse au contraire totalement envahir par les objets qu’il accumule, afin de mieux les assimiler, mais finit par disparaître sous le développement d’une symbiose organico-minérale des éléments constitutifs de son lieu de vie.

Mais ranger c’est quoi ? C’est simplement entasser le bordel dans des placards ou dans des tiroirs.
Rien de plus.

Et vous ? Plutôt bordélique organisé ou maniaque désorganisé ?