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James Bond : ma critique sur la nouvelle saga

Une chronique cinéma pour traiter d'un film actuellement au cinéma, le nouveau James Bond : Skyfall.

James bond
Un flingue, des femmes, des voitures, un Bond
et une légère dose de testostérone

Avant de parler de ce 23ème opus, je voudrais revenir sur le nouveau cycle entamé avec l'arrivée de Daniel Craig (le 6ème acteur à interpréter James Bond), qui correspond, selon moi à une cassure nette avec le genre vieillissant et moribond de la licence 007.

Avant Casino Royale (qui est le premier film du nouveau cycle avec Daniel Craig), je voyais les films de James Bond plus comme une sorte d'hommage nostalgique à l'époque de la guerre froide. Le schéma classique du bloc de l'est affrontant celui de l'ouest était, même avec les films interprétés par Pierce Brosnan, la trame narrative classique de tous ces opus. Jusqu'alors Bond représentait un agent secret dans ce qu'il a de plus "classe" : belles voitures, beaux costumes, un dragueur hors pair, toujours avec un verre de Martini-vodka (mélangé au shaker, pas à la cuillère), se débarrassant de ses ennemis avec un coup de révolver, sans effusion de sang.

L'image de Bond était donc presque celle d'un super héros, symbole ultra-machiste d'un homme, un vrai, riche, fort séduisant et intelligent qui sauve la monde.

Le problème avec cette image c'est qu'elle a réellement fait son temps. Déjà la scission est-ouest n'existe plus, ensuite le schéma machiste véhiculé par Bond est réellement devenu cliché voire kitch. Même si j'ai toujours autant de plaisir à regarder les anciens 007 (ça dépend, il y en a aussi de très mauvais), j'avoue que ce type de scénarios devient, à force, lassant.

Par ailleurs, l'arrivée de licences concurrentes, nettement plus "fraiches", telles que la trilogie Jason Bourne (la mémoire dans la peau, la mort dans la peau, la vengeance dans la peau) ont réellement mis James Bond au placard, dans la catégorie "antiquités à dépoussiérer de temps à autre".

C'est alors que sort, en 2006, Casino Royale, premier volet du cycle Daniel Craig, qui casse littéralement les codes de l'agent 007 et ce pour plusieurs raisons.

Lire la suite de l'article sur multi-prises.fr

Retour d'exposition

Voici quelques images de l'exposition Ce que les chèvres n'ont pas encore mangé qui s'est déroulée à Nantes...

Accrochage

Salle d'exposition vide
Début d'accrochage Début d'accrochage Début d'accrochage
En cours d'accrochage
Fin d'accrochage

Exposition

Entrée de l'exposition Entrée de l'exposition Vue de la salle
Vue d'ensemble de la salle
Parties de Castro - Par Simon Guiochet Mon paysage - Par Simon Guiochet Projection depuis le plafond
Peinture d'Adrien Autovia - Par Jonas Delhaye Autovia - Par Jonas Delhaye Autovia - Par Jonas Delhaye
Zootrope - Par Simon Guiochet Zootrope - Par Simon Guiochet Peinture d'Adrien Intrication - Par Thomas Daveluy, Le tour de Saumède - Par Guillaume Lepoix

Vernissage

Vernissage Vernissage Vernissage
42 minutes - par Thomas Daveluy La procession - Par Guillaume Lepoix La procession - Par Guillaume Lepoix
Performance de clôture Performance de clôture Intrication - Par Thomas Daveluy, Le tour de Saumède - Par Guillaume Lepoix

Exposition : ce que les chèvres n'ont pas encore mangé

carton d'invitation expo nantes

Compte-rendu d’une résidence artistique au village de Saumède (Galice).
En partenariat avec l’Association Cultural y Artistica de Saumede (ACAS), les artistes du Collectif Oodaaq ainsi que leurs invités, exposent leurs travaux réalisés durant le mois de septembre 2012.

Exposition les 12, 13 et 14 octobre 2012 au 23 rue de la Ville En Bois à Nantes.

Artistes présents : Thomas Daveluy - Jonas Delhaye - Simon Guiochet - Solenne Jost & Nolwenn Le Tallec - Guillaume Lepoix

Quelques dates :

VENDREDI 12 OCTOBRE

18h30 vernissage de l’exposition*
21h00 concert au Melocotton** (MOON QUP cantatrice sur bouclettes instrumentales - SUBURB ANIMAL luthier électronique)

SAMEDI 13 ET DIMANCHE 14

13-21h ouverture de l’exposition
15-17h ateliers (ZOOTROPE (VIDÉO) Comprendre les images en mouvement - TÉLÉTRANSPORTATION (PHOTO) Réalisation d’un film d’animation) Inscription 10€ - Renseignements : 06 23 16 63 97

DIMANCHE 14

20h00 vidéo-concert (8KELT sample électro-accoustique) à La Ville En Bois* (2€)

Téléchargez le carton d'invitation au format PDF

42 minutes

42 minutes c'est le temps que met l'eau qui provient de l'ancien moulin à l'abandon à atteindre le jardin collectif du village de Saumède.

Ce petit cours d'eau est extrêmement précieux puisqu'il fournit la seule source d'eau du jardin qui permet aux résidents de se nourrir à peu de frais.
En plus des débris (branches, glands, herbes) qui bouchent le canal et réduisent le débit de l'eau, le village doit partager cette eau avec différents habitants des environs certains jours. Au final, le jardin de Saumède n'a accès à l'eau que 4 jours sur 7 grâce à ce petit canal dont l'existence est fragile et le débit très variable.

Cette vidéo retrace donc le cheminement de l'eau le long de ces quelques kilomètres, tout en jouant sur un rapport d'échelle et de déformation du aux gouttes d'eau collées à l'objectif.

*****

Quelques éléments de travail, les deux bateaux qui ont servi pour faire flotter la caméra :

Première version du bateau Première version du bateau Première version du bateau : gros plan sur la caméra miniature
Deuxième version du bateau : plus légère et plus naviguable Deuxième version du bateau Deuxième version du bateau

Intrication

En physique quantique l'intrication est un phénomène observé dans lequel deux objets (ou plus), bien que spatialement séparés se voient avoir les mêmes propriétés physiques.
En gros, même s'ils sont séparés par de grandes distances spatiales, les deux systèmes ne sont pas indépendants et il faut les considérer comme un système unique.
Il est aussi possible de voir les choses dans l'autre sens : l'intrication induit qu'un élément peut être dans plusieurs états à la fois (principe du chat de Schrödinger).

   
Cette vidéo, réalisée durant ma résidence à Saumède en Galice, fonctionne exactement de cette manière, en divisant l'écran afin d'emprunter tous les chemins possibles qui mènent de l'entrée au point de vue le plus culminant du village.
Chaque fois que le chemin emprunté se sépare, l'écran se divise et chaque partie emprunte l'un des deux parcours.
Au final, il se créé une composition au sein de ces découpes verticales, composition qui n'est pas fonction de choix esthétiques, mais fonction de la géographie du lieu.
Par ailleurs cette composition, divisée de manière verticale se retrouve rassemblée de manière horizontale par la ligne d'horizon, volontairement centrée la plupart du temps.

*****

Quelques éléments de travail :

Carte du village avec numérotation des sections   Découpe chronologique des séparations en fonction de la carte

Vu du projet de travail sous After Effects Vue du travail du remontage et calage sonore sous Première

Résidence à Saumède (Galice)

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C'est par l'intermédiaire de l'Oeil d'Oodaaq que j'ai découvert l'existence du village de Saumède en Galice.

Il s'agit d'un ancien village abandonné que des français ont entrepris de réhabiliter afin d'y vivre et de monter des projets culturels et associatifs. Introuvable sur Google Maps, il se situe juste à côté de Célanova et dispose d'un accès à l'électricité et à l'eau courante.

Le village organise tous les ans un festival durant l'été, mais cette année la nouveauté a été la mise en place d'une résidence au mois de septembre, conviant plusieurs jeunes artistes à venir y travailler durant 2 semaines.

J'ai donc décidé de me joindre à l'aventure (accompagné de Jonas Delhaye et Guillaume Lepoix) et c'est au milieu des poules, des chèvres, des ânes et des ruines que nous nous sommes installés durant ces quinze jours.

Le village

Actuellement seule une des maisons du village est entièrement réhabilitée. Elle sert de cuisine, de salle de séjour et offre 3 chambres pour les résidents annuels. Les festivaliers ou les artistes en résidence doivent aller dormir sous les tentes dans le camping du village au milieu duquel un âne broute bruyamment (surtout la nuit).

Le lieu de travail dédié aux artistes se situe à l'arrière du village, juste à côté des tentes, il est constitué d'une table, d'une rallonge électrique et deux canapés posés sur un sol recouvert de paille. Un lieu de travail aussi insolite que génial.

Pour la nourriture, on essaye de se servir au maximum des fruits et légumes offerts par le jardin (qui est bien beau et assez grand) ainsi que des courses faites régulièrement dans la ville voisine. Les nouveaux arrivants se voient attribuer une couleur (qui est désignée en fonction de leur date de naissance et du calendrier maya -je crois-) qui définit leur tour de cuisine (tous les 4 jours environ). Sur les deux semaines de résidence, chacun a rivalisé d’imagination pour faire des plats plus excellents les uns que les autres. Comme quoi avec peu de choses on peut faire de vrais festins tous les jours.

La résidence

Au final, je dois dire que je suis réellement charmé par cette résidence. L'accueil a été des plus chaleureux (j'ai en ce moment même encore le souvenir de notre départ et des adieux interminables), même malgré la barrière de la langue (je ne parle pas un mot d'espagnol), le cadre de travail est exceptionnel et le lieu est vraiment rempli de surprises. J'encourage tout jeune artiste désireux de se retrouver dans un cadre non institutionnel à participer à cette résidence qui se déroule tous les ans au mois de Septembre.

Le seul bémol aura été le temps ; deux semaines étant bien trop courtes pour réellement investir le lieu et entamer un travail en profondeur. J'ai tout de même réussi à produire deux vidéos dont je suis assez satisfait (je publierai deux autres billets dédiés à ces productions plus tard).

Une chose est sûre : j'y retournerai l'année prochaine !

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Mon nouveau dossier d'artiste

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Je n'en avais jamais fait avant, mais voilà mon nouveau dossier d'artiste.

Il contient une petite sélection de certains de mes travaux, en vidéo, installations et art numérique, ainsi qu'un CV.

Vous pouvez le télécharger ici au format pdf (1,90Mo).

 

Enquête diplômés DNAT/DNAP - Ministère de la culture

Les anciens étudiants en art le savent sûrement, mais le ministère de la culture a mandaté un organisme privé pour réaliser un sondage auprès des anciens étudiants en art ayant obtenu leur diplôme. Cet étude est réalisée tous les ans (ou tous les deux ans) et a pour but de pouvoir donner des chiffres sur l'insertion professionnelle des jeunes diplômés.

Cela pourrait être une bonne idée, si seulement les chiffres récoltés n'étaient pas arrangés (je ne dis pas modifiés, juste présentés sous un bon angle) afin de faire briller les apparences et présenter une belle façade de ce qu'est un cursus d'études artistiques.

Vu que je ne répond jamais à ces enquêtes (que je trouve bidon), je reçois régulièrement ce genre de courriers :

Ceci est une relance à destination des diplômés n’ayant pas répondu à l’enquête. Merci infiniment d’y prêter  attention et de répondre au questionnaire.

Bonjour,
Le Département des écoles supérieures d'art et de la recherche de la Direction générale de la création artistique du Ministère de la Culture souhaite connaître les parcours des étudiants issus du réseau des écoles supérieures d'art dont elle assure le contrôle pédagogique après l’obtention de leur DNAP ou DNAT.
Pour ce faire, la DGCA a confié au cabinet XXXX Conseil la réalisation d'une étude sur un échantillon de 14 établissements à l'échelle du territoire national, portant sur les conditions de la poursuite de parcours académiques au sein ou hors des écoles d'art et de l'insertion professionnelle des étudiants titulaires du DNAP ou du DNAT diplômés en 2009 ou 2010.
Nous vous contactons afin de vous demander de participer à cette enquête en renseignant le questionnaire auquel vous aurez accès en vous connectant sur le site Internet dédié
http://www.lenomdusite/lenquete.html
Nous vous remercions par avance de votre participation et de l'intérêt que vous porterez à cette enquête dont les réponses seront traitées de façon tout à fait anonyme, conformément à la déontologie en vigueur.

Cordialement,

Y. L.
Sociologue
Consultant

Un peu agacé par ces nombreuses relances, je me suis décidé à leur répondre :

Bonjour,

comme vous le signalez je n'ai pas répondu au précédent questionnaire, malgré les nombreuses relances que vous avez émises.

Je ne le ferai pas.

Ce questionnaire, ou plutôt ce qui en est fait, participe selon moi à un vaste programme de désinformation. Les chiffres qui sont émis, je les connais, je les cite aux parents lors des forums d'orientation :

"plus de 80% des étudiants qui ont obtenu un DNSEP ont trouvé un travail en moins de 2 ans dans le secteur culturel au sens large".

Quelle blague ! Je suis graphiste freelance (affilié à la maison des artistes), ce qui me vaudrait de faire partie de ces fameux 80%. J'ai des amis qui ont trouvé des petits boulots de 8h par semaine pour donner des cours d'art plastique aux enfants, eux aussi y rentreront.

Sous ces beaux chiffres se cache une autre réalité. Graphiste freelance est un boulot alimentaire, qui permet à peine de payer le loyer. Les petits "plans" que les anciens étudiants se trouvent sont juste des appoints, le reste du temps, ils bossent en tant que livreurs de pizzas ou autres jobs.

Quand on parle du cursus professionnel qui suit après 5 ans d'études en art, il ne faut pas citer de chiffres !

Les chiffres on peut leur faire dire ce que l'on veut, selon la manière dont on les présente. Ce n'est donc qu'un pur mensonge. Dans ma promotion, sur 16 diplômés, seuls 2 ont véritablement trouvé un travail en CDI qui leur permet d'envisager une carrière professionnelle. Et ces deux anciens étudiants ont du coup abandonné toute production artistique.

La formation en école d'art est une formation non professionnalisante, point.
Les écoles d'art forment des artistes avant tout. Une école d'art apporte à un étudiant une réflexion personnelle et plastique, lui permettant de réaliser une création plastique individuelle, unique et de qualité. Cette formation peut servir dans d'autres professions, mais ne propose pas et ne proposera jamais de débouchés directs.

Car ce que ces chiffres ne disent pas c'est qu'être artiste c'est un métier. C'est un métier dont on ne vit pas (ou très mal) et qui implique de s'engager dans des solutions alternatives pour pouvoir survivre. Soit en complétant par un travail alimentaire à mi-temps, soit en mettant de côté toute idée de luxe ou d'achats superficiels.

Alors oui, ce que je dis ne rassure pas les mamans lors des forums d'orientation. Ce que je dis ne fait pas briller les belles directives du ministère de la culture qui veut une formation avec des débouchés (encore une preuve évidente de la méconnaissance du législateur à notre égard). Mais ce que je dis est la réalité.

Alors non, je ne répondrai pas à votre questionnaire. Car il ne propose ni les bonnes questions ni les bonnes réponses.

En vous souhaitant une agréable journée !


--
Thomas

A ce jour, j'attends toujours une réponse à mon mail...

Avatar, complexe archaique fécond

(projet en commun de Guillaume Lepoix et Thomas Daveluy)

Bachelard, reprenant les théories de Jung, évoque la notion de complexe archaïque fécond[1]. Il théorise le fait que la destruction (notamment par le feu) est le moment d'existence ultime de l'objet.
Ce complexe est archaïque, puisqu'il date du début de la civilisation humaine.

Ce passage par la destruction apporte une preuve tangible de l'existence de l'objet en tant qu'élément réel (comment détruire quelque chose qui n'existe pas ?).

Par ailleurs, le feu est un élément hautement symbolique. Vénéré par toutes les civilisations, c'est en effet un objet de fascination, vital, mais destructeur. Il est l'élément d'un passage, d'une transition vers un autre état (purification en général), créant une ambivalence entre quelque chose qui disparaît et un nouvel élément qui apparaît. En Amérique latine on brule des épouvantails lors du nouvel an (del año viejo - le bonhomme de la vieille année) afin de mettre fin aux vieilles rancœurs de l'année passée, ce qui permet de recommencer une nouvelle année sereine. Le feu n'est donc pas une fin en soi, c'est bel et bien un élément transitoire.

Dans cette vidéo, le but initial était bien de tenter d'apporter cette preuve de l'existence de l'objet virtuel. Le personnage qui brûle (que je nommerai l'avatar) est une modélisation en 3D de la personne qui fait l'action sur la vidéo (que je nommerai le référent). Cet avatar a volontairement été conçu avec très peu de polygones (à peu près le même nombre que ceux qui composent le personnage de Lara Croft dans Tomb Raider). Sorte d'archétype des jeux vidéos des années 90, ce personnage, de part la manière dont il est construit, renvoie immédiatement au monde virtuel duquel il est issu.

Volontairement plus grand que le modèle original, il fallait pour nous que cet avatar prenne une dimension légèrement plus importante que son référent. L'avatar dans le jeu vidéo est un personnage auquel le joueur apporte beaucoup d'importance (bien plus qu'à sa propre image parfois). L'avatar permet de se construire, ou plutôt de se reconstruire une identité idéale, ou du moins améliorée.

Lorsque la vidéo commence on peut se demander si cet objet est issu de l'espace réellement filmé ou s'il a été ajouté par la suite (auquel cas il ferait partie du monde virtuel). L'incertitude persiste jusqu'au moment où l'avatar commence à brûler (il est réel puisqu'il se détruit). En brûlant son propre avatar, le référent affirme alors l'existence réelle de son modèle tout en induisant une volonté d'en finir avec lui, sans doute pour passer à autre chose (avec la même facilité avec laquelle on supprime son profil dans un jeu ou sur un site).

Lorsque l'avatar commence à tomber, son référent le soutient, presque s'il l'assistait dans sa propre mort. Puis, une fois à terre, la destruction étant désormais inéluctable, le référent s'en va.

Au final que reste t-il ? Une tête, immobile, impassible, presque pitoyable. Ce regard plongé dans le vide, rappelant celui d'un cadavre, ne vient-il pas confirmer la dualité existentielle de cet archétype en carton (un peu comme un marionnettiste fait prendre "vie" à quelques bouts de tissus) ? Si le dernier plan fait appel à l'image d'un mort, cela n'induit-il pas qu'il y a eu un vivant auparavant ?

L'avatar est-il une entité si fictive ? Si dématérialisée, si irréelle ?

[1] - Gaston Bachelard, la psychanalise du feu - folio essais

display:none;

Cela fait maintenant plus de 6 mois que je travaille sur un projet qui vient enfin de voir le jour.

Ce projet est à l'initiative d'un séminaire de recherche sur l'auto archivage comme œuvre d'art mis en place par un de mes anciens profs à l'EESAB de Lorient : Julie Morel. L'intitulé du projet était simple : devant la frénésie d'archivage dans laquelle notre société s'est engagée et la multitude d'outils existants pour y parvenir, comment un travail artistique peut-il s'en emparer et questionner cette pratique ? Je cite Julie Morel sur son blog : « [...] il ne s’agit pas ici de lister un nombre d’expérimentations ou d’espaces d’archivages d’artistes dont le contenu serait intéressant, mais bien de s’emparer de ces outils et les transformer en matière à pratiquer une recherche jusqu’à en faire œuvre, tout en y portant un regard critique. »

Ce séminaire, en plus de faire appel à des artistes, écrivains et critiques, a laissé la possibilité à plusieurs étudiants en art de s'y intéresser et de proposer une réflexion plastique, dont moi même (j'étais encore étudiant à l'époque).

J'ai donc rejoint le groupe en proposant mon projet (développé sur une idée commune avec Guillaume Lepoix) : display:none; dont voici le rendu (j'explique ma démarche et mes intentions en dessous).

Explications :

display:none; est une carte.
Une carte interactive regroupant l'ensemble des pages d'un ou plusieurs sites web et qui se reconfigure en permanence. Chaque fois qu'une nouvelle entrée (billet, page, post, etc...) apparaît sur un site, la carte se recentre sur celle-ci et se reforme de telle sorte qu'elle n'affiche que des entrées ayant des points communs avec la première.

display:none; exploite la notion de flux, notion intrinsèque au web d'aujourd'hui (web 2.0).

Aujourd'hui, encore plus qu'avant l'Internet est devenu un vaste flux d'informations en perpétuel mouvement, instable et presque infini. Toute tentative de représentation de ce qu'est Internet (en terme de contenu et de lien) ne peut être que forcément subjective et simplifiée. IBM prédisait en 2006 que la masse d’informations dans le monde doublerait toutes les 11 heures en 2010 [1]. Selon une estimation il y aurait en 2011 1.8 zetaoctets de données dans le monde (soit 1.8 milliards de Téraoctets ou 1800 milliards de Gigaoctets)[2]. Ces chiffres amènent à un simple constat : Internet est un océan de données en perpétuel croissance dont l'ampleur est devenue incompréhensible et inimaginable pour l'être humain.

display:none; part de ce constat pour tenter de le représenter en plongeant l'utilisateur directement au sein de ce flux d'informations. La radicalité du projet consiste à n'afficher qu'une image par entrée (prélevée au sein de chaque page correspondante), ce qui la décontextualise, la rendant même parfois totalement incompréhensible. Ainsi, même si chaque entrée correspond bien à une vraie page présente sur le web (il est d'ailleurs possible de s'y rendre), le visiteur ne possède aucune information (du moins textuelle) sur la nature de cette entrée tant qu'il ne l'a pas visitée.

L'utilisateur de display:none; peut naviguer au sein de ce flot d'informations en y voyageant sans véritable direction, avec pour unique repère visuel des images totalement décontextualisées. Sans repère, sans même savoir quelle est la nature des liens entre les images, le visteur se retrouve à faire un voyage au sein d'un objet graphique à part entière.

A propos du nom :

display:none; est une propriété CSS (c'est un bout de code qui permet de mettre en page un document web).
En l’occurrence display:none; permet de supprimer totalement un bloc (si j'applique cette propriété au titre de mon billet par exemple il va totalement disparaître de l'écran). C'est sans doute une des propriétés de mise en page les plus radicale. J'ai donc choisi de nommer ainsi ce projet pour le point commun qu'il partage sur le traitement qu'il fait au texte : le supprimer totalement.

display:none; est aussi un outil libre de droits

Quitte à développer et à programmer un outil tel que displaynone;, je me suis dit qu'il valait mieux en faire profiter d'autres. display:none; est donc téléchargeable gratuitement et sous licence libre de droits (GPLv2). Il est possible de l'installer sur n'importe quel serveur disposant d'une base de données MySQL. Pour plus de détails, j'ai une page réservée au projet sur mon site :

Je remercie une fois encore Julie Morel (sans qui ce projet n'aurait jamais émergé) et Guillaume Lepoix (pour ses nombreux conseils sur les directions à prendre).

[1] Wikipedia : stockage d'informations - problématiques du stockage
[2] Actualité : 1,8 zetaoctets de données dans le monde - Clubic