Parallèles

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Ex-voto

C'est dans le cadre des Nuits de Lucie à Pont-Scorff, que notre association a obtenu une carte blanche pour réaliser un ensemble d’œuvres sur le thème « La société des lumières » dans 3 chapelles de la commune.

 

pre01.jpgParmi les différentes chapelles, j'ai particulièrement été attiré par l'une d'entre elles : la chapelle de Lesbin et ses deux ex-voto relativement impressionnants. Si la pratique de l'ex-voto marin n'est pas spécifique à la Bretagne, c'est malgré tout une région qui compte un nombre très important de sculptures de bateaux installées dans des églises ou chapelles. Les bretons sont des voyageurs et des marins, c'est donc relativement normal que leurs icônes se tournent vers la mémoire de marins ou bateaux disparus en mer.
S'il n'était donc pas surprenant de trouver ainsi deux bateaux dans une chapelle, leur taille mais surtout leur emplacement (alignés mais placés juste à l'entrée) suggéraient la possibilité d'en accrocher un troisième. Il me fallait donc en ajouter un autre...

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L'année 2014 a été une année passionnante pour la conquête spatiale. Des évènements majeurs comme l'odyssée de Rosetta et l'atterrissage de Philae, les découvertes surprenantes de Curiosity sur Mars ou encore l'arrivée de projets ambitieux de colonisations de la planète rouge (Mars One entre autres) ont réveillé de nouveau l'intérêt du grand public pour le(s) monde(s) au dessus de nos têtes. C'est l'émergence du projet Mars One qui a sans doute été le plus intriguant pour moi, imaginez : un projet de voyage sur Mars pour l'homme en 2025, avec un aller simple seulement. L'impossibilité de revenir sur Terre pour ces nouveaux colons n'a pas empêché 200 000 personnes de se porter candidates à ce projet.

Projet Mars One

 

Elon MuskElon Musk, le célèbre entrepreneur et PDG de Space X, commentait cette mission de la manière suivante : « Il s'agit de prendre tout l'argent que vous avez et vendre tout ce que vous possédez, comme l'ont fait les premiers pionniers des colonies américaines ». Les premiers colons d'Amérique avaient tout quitté et traversaient l'océan avec pratiquement rien pour se retrouver sur un continent dont ils ne connaissaient que peu de choses. Le parallèle avec notre époque est évident : les nouveaux conquérants, ce sont les astronautes, à la recherche d'un El-dorado dont on sait que l'existence est utopique.

 

MIR 
La station MIR (paix ou monde en russe) était l'icône idéale pour compléter le panel d'ex-voto de la chapelle : initialement mise en orbite pour une durée de 5 ans, elle aura tourné autour de la Terre durant 15 années avant d'être précipitée dans l'atmosphère en 2001. Sorte de bateau qui aurait sombré, MIR reste aujourd'hui encore la station qui aura démarré la présence permanente de l'homme dans l'espace (la Station Spatiale Internationale a pris le relais depuis).

 

Réalisée en bois de Tilleul, le plus gros de la structure de l'ex-voto a été tournée avec l'aide de Cédric Guillermo, artiste plasticien. Les modules ont été réalisés pour s'emboiter de telle sorte que l'ensemble de la station peut être démonté ou ré-assemblé en quelques minutes. Pour l'exposition, la chapelle baignait dans une ambiance lumineuse de lumière noire (lumière violette qui fait ressortir certains éléments fluorescents ou blancs). La station a donc été peinte avec une peinture invisible mais qui réagit à la lumière noire.

Section de tilleul Section de tilleul Découpe et collage des éléments Découpe et collage des éléments
Découpe et collage des éléments Découpe et collage des éléments Découpe et collage des éléments Tournage du bois Tournage du bois
Tournage du bois
Tournage du bois Fabrication des éléments Fabrication des éléments
Assemblage des sections La station terminée La station terminée
La station terminée La station terminée La station terminée
Peinture de la station à la bombe lumière noire Peinture de la station à la bombe lumière noire Peinture de la station à la bombe lumière noire

 

essai-install.jpgAu départ, la station devait être accompagnée d'une projection au plafond. L'image diffusée correspondait à une carte du réseau Internet, représenté par toutes les connexions entre chaque ordinateur. Sorte de constellation, elle remettait d'avantage en situation l'ex-voto, tout en soulignant un autre univers dont l'exploration a décuplé ces dernières années : le partage de la connaissance et l'accès à l'information de manière permanente et immédiate.
Pour des raisons techniques (pollution lumineuse et surtout la projection révélait le plafond, cassant l'immersion dans la chapelle noire), cette installation a été écartée au tout dernier moment (deux jours avant le vernissage de l'exposition).
C'est un aspect important mais difficile dans ce genre de travail : remettre en cause certains aspects d'un projet demande parfois de faire deuil d'une partie entière de ce dernier.

 

Au final, installée dans la chapelle, mise en lumière et au milieu des pièces réalisées par les autres artistes, la sculpture prend tout son sens et s'intègre dans le prolongement des deux autres ex-voto.

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Pour terminer, je tiens tout particulier à remercier deux personnes sans qui je n'aurais jamais pu réaliser ce projet. Jonas Delhaye pour avoir su me motiver à réaliser cet ex-voto dans les meilleures conditions et Cédric Guillermo pour le tournage sur bois des sections.

Multi-Prises expose à Pont-Scorff

Les 12, 13, 14 et 19, 20, 21 décembre 2014, le centre d'art l'Atelier d'Estienne invite l'association Multi-Prises pour une carte blanche dans le cadre de le fête des lumières !

 

Intitulée "La société des lumières", cette exposition collective se déroulera dans 3 chapelles de Pont-Scorff dès la nuit tombée.

la-societe-des-lumieres.jpg.

Pour plus de détails et la programmation exacte, rendez-vous sur le site de l'atelier d'Estienne.

Une vision des artistes plasticiens en France

mda.jpgJe viens de rédiger un article en deux parties sur le webzine de mon association Multi-Prises où je fais état de la condition d'artiste plasticien en France.
Précarité, magouilles, administration tordue et perdue, sont au coeur du quotidien d'un artiste plasticien. C'est ce vécu que j'ai tenté de décrire dans cette première partie (une seconde proposant des perspectives pour l'avenir arrivera d'ici quelques jours) où je tente d'apporter un éclairage pour ceux qui en savent pas ce qu'est être artiste plasticien en France. Pour ceux qui vivent, comme moi, ce quotidien, ce peut être aussi l'occasion de partager une expérience que je pense commune.

Les deux parties des articles sur Multi-Prises : Etre artiste en France - Partie 1 : Et toi tu fais quoi ? - Etre artiste en France - Partie 2 : Qu'est-ce que tu veux faire plus tard ?

« Et toi, tu fais quoi ? »

Question piège, à laquelle j'ai toujours beaucoup de mal à répondre. Alors je déroule mon rituel : un petit silence de quelques secondes, une lente respiration, un sourire forcé, puis je réponds « alors moi c'est compliqué... »

Pourquoi est-ce si compliqué d'avouer que l'on est artiste ? Pourquoi me sentirais-je gêné d'avouer ma véritable profession, puisqu'après tout j'ai les diplômes, le numéro de SIRET, j'ai tous les papiers qui prouvent légalement que je suis artiste plasticien, enregistré à la Maison des Artistes. En vérité ce malaise en cache un bien plus profond : la profession d'artiste plasticien n'existe pas vraiment en France.

Lorsqu'on choisit une filière artistique après le lycée, on est prévenu dès le départ « oulalaaaaa » nous disent les conseillers d'orientation, « oulalaaaa » nous disent nos parents, « oulalaaaa » nous dit la société en général.
Oulalaaa parce que cette filière ne rentre dans aucune case, les conseillers ne savent pas quels documents nous donner pour nous aider à se vendre sur le marché du travail, les parents s'inquiètent de notre avenir, et c'est clairement un problème qui va se poser pour trouver sa place dans la société. Pourtant j'ai choisi le chemin le plus sûr en choisissant une école publique : un Master en poche et mes papiers d'affiliation à la maison des artistes validés, me voilà totalement en règle pour faire valoir mon métier d'artiste plasticien.

Et c'est là que les problèmes commencent..

Lire la suite sur le site...

Installation : à fleur de peau

A fleur de peau est une installation vidéo réalisée lors de l'exposition l'Âge de Faire à l’Écurie (Saint Jean Brévelay).


[2014] A fleur de peau par I7b

 

L'installation est composée d'un plancher sur lequel est reprojeté sa propre image, contrastée et saturée.
Lentement, au rythme d'une respiration, l'image alterne entre grands aplats blancs et la texture exagérée. De cette manière, se crée un rythme qui oscille entre une décomposition, comme si le plancher vieillissait et se faisait dévorer par de la moisissure et un état de rajeunissement, où le blanc vient lisser les planches de ce sol déjà hors d'âge.

Le principe de cette projection repose une fois encore sur la notion de texture, déjà présente dans Echo² ou dans d'autres pièces que j'ai pu réaliser en installation. Le plancher, en devenant le support de sa propre image, met en lumière ses spécificités. Les nervures du bois, les imperfections, les zones teintées différemment, sont alors soulignées par la vidéoprojection.

 

A fleur de peau - Installation par Thomas Daveluy - Juin 2014 A fleur de peau - Installation par Thomas Daveluy - Juin 2014 A fleur de peau - Installation par Thomas Daveluy - Juin 2014
A fleur de peau - Installation par Thomas Daveluy - Juin 2014 A fleur de peau - Installation par Thomas Daveluy - Juin 2014
A fleur de peau - Installation par Thomas Daveluy - Juin 2014 A fleur de peau - Installation par Thomas Daveluy - Juin 2014

Nouvelle vidéo : Echo²


[2014] Echo² par I7b

 

Echo² est la poursuite du travail de superposition et de compression de l'espace vidéo déjà entamé entre autres dans Echo (2011).

Voilà déjà plusieurs années maintenant que je poursuis ce travail, presque politique, sur l'envie de contredire l'idée reçue que le numérique est quelque chose d’immatériel, de flottant. Je n'ai que trop souvent entendu dire (même lors de mon diplôme) que mon travail, de part le fait qu'il se fait sur des supports numériques, était très éloigné du travail manuel collé à l'artiste, avec cette vieille définition du XIXème de l'artiste virtuose faisant de l'or avec ses mains. Aujourd'hui, même si cette définition correspond plus à l'artisanat, on entend encore de vieux réflexes archaïques : "Oui, mais vous ne touchez pas de vos mains". Le débat est stérile mais les clichés ont la vie dure et c'est aussi pour cette raison que je continue, avec acharnement, à réaliser ces vidéos mélangeant un travail très technique et une ouverture sur un rendu plus poétique.

Dans la précédente version de 2011, je me contentais de remettre chaque image en fonction de sa position par rapport à la précédente. La séquence révélait alors chaque image du film (chaque ligne correspondant à une image, 25 lignes représentent 1 seconde de film) mettant en avant la composante première de la vidéo : une suite d'images fixes.

Cette fois-ci la technique va plus loin, en replaçant de manière beaucoup plus précise chaque image du film à l'endroit exact où elle a été filmée. Comme pour Echo (premier du nom), il se dessine une sorte de couloir, correspondant à un portrait de la séquence vidéo. Ici j'ai usé de techniques de motion capture, avec des outils que l'on retrouve dans le cinéma, afin d'obtenir un couloir qui dessine exactement le trajet que j'ai parcouru lorsque j'ai filmé. De cette manière j'obtiens un couloir en 3D devant lequel je place une caméra fixe qui observe ainsi le film partir à l'horizon.

bateau-atelier.jpg



Au final le rendu s'avère très différent de la première version, puisque l'espace vidéo est beaucoup plus discernable. Chose étrange, il y a presque deux parties qui se dessinent : la partie haute, qui s'ouvre sur un univers très pictural, non sans rappeler les reflets des arbres dans les peintures de Monet. On retrouve un amalgame que j'avais déjà souligné dans d'autres de mes vidéos où la matière numérique, composée de pixels se rapproche énormément du pointillisme.

 

TombRaider1.jpgA cette partie, très liquide, vient se heurter la seconde moitié de l'image, avec des éléments plus grossiers, mais plus discernables (je veux dire par là moins abstraits). On retrouve ici une des composante de la matière vidéo/numérique : les pixels. J'aime faire le parallèle avec Tomb Raider (plusieurs personnes me l'ont aussi indiqué spontanément, donc je ne pense pas me tromper) ou tout autre jeu datant de cette époque du tournant de la 3D avec un affichage très flottant et pixelisé (j'en parle d'ailleurs ici dans mon article sur Standalone Post).

 

Au final, le but premier de l'ensemble de mon travail me semble atteint : montrer les spécificité de cette matière numérique, présenter son ouverture sur un univers vaste et infini tout en insistant que le numérique EST matériel, puisqu'il est manipulable, transformable et que ses enjeux plastiques peuvent être transposables à d'autres types d'art.

 

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Allée du Jardin de Giverny, 1901, Claude Monet

Millefeuille, exposition galerie Hélène Bailly

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Exposition collective des anciens étudiants de l'EESAB - du 3 décembre au 8 février

Vernissage Le samedi 30 novembre de 16h00 à 20h00.

Artistes : Faustine Beuve, Caroline Brisset, Marion Brossard, François-Xavier Chanioux, Sarah Chantrel, Julia Clouette, Thomas Daveluy, Maxime Davy, Jonas Delhaye, Thomas Dellys, Rémi Duprat, Nastasja Duthois, Vincent Escalle, Anita Gauran, Julien Gorgeart, Thomas Joly, Catherine Le Carrer, Joachim Monvoisin, Rika Tanaka

J'y exposerai la pièce Les oiseaux - variation #1 actuellement en construction.

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