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Bientôt...

Gros projet à venir...

Fini la 3D, place au métal et aux vraies TV cathodiques.
Réalisation : mi-novembre.

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Mon nouveau dossier d'artiste

dossier-artiste-2012.jpg

Je n'en avais jamais fait avant, mais voilà mon nouveau dossier d'artiste.

Il contient une petite sélection de certains de mes travaux, en vidéo, installations et art numérique, ainsi qu'un CV.

Vous pouvez le télécharger ici au format pdf (1,90Mo).

 

Avatar, complexe archaique fécond

(projet en commun de Guillaume Lepoix et Thomas Daveluy)

Bachelard, reprenant les théories de Jung, évoque la notion de complexe archaïque fécond[1]. Il théorise le fait que la destruction (notamment par le feu) est le moment d'existence ultime de l'objet.
Ce complexe est archaïque, puisqu'il date du début de la civilisation humaine.

Ce passage par la destruction apporte une preuve tangible de l'existence de l'objet en tant qu'élément réel (comment détruire quelque chose qui n'existe pas ?).

Par ailleurs, le feu est un élément hautement symbolique. Vénéré par toutes les civilisations, c'est en effet un objet de fascination, vital, mais destructeur. Il est l'élément d'un passage, d'une transition vers un autre état (purification en général), créant une ambivalence entre quelque chose qui disparaît et un nouvel élément qui apparaît. En Amérique latine on brule des épouvantails lors du nouvel an (del año viejo - le bonhomme de la vieille année) afin de mettre fin aux vieilles rancœurs de l'année passée, ce qui permet de recommencer une nouvelle année sereine. Le feu n'est donc pas une fin en soi, c'est bel et bien un élément transitoire.

Dans cette vidéo, le but initial était bien de tenter d'apporter cette preuve de l'existence de l'objet virtuel. Le personnage qui brûle (que je nommerai l'avatar) est une modélisation en 3D de la personne qui fait l'action sur la vidéo (que je nommerai le référent). Cet avatar a volontairement été conçu avec très peu de polygones (à peu près le même nombre que ceux qui composent le personnage de Lara Croft dans Tomb Raider). Sorte d'archétype des jeux vidéos des années 90, ce personnage, de part la manière dont il est construit, renvoie immédiatement au monde virtuel duquel il est issu.

Volontairement plus grand que le modèle original, il fallait pour nous que cet avatar prenne une dimension légèrement plus importante que son référent. L'avatar dans le jeu vidéo est un personnage auquel le joueur apporte beaucoup d'importance (bien plus qu'à sa propre image parfois). L'avatar permet de se construire, ou plutôt de se reconstruire une identité idéale, ou du moins améliorée.

Lorsque la vidéo commence on peut se demander si cet objet est issu de l'espace réellement filmé ou s'il a été ajouté par la suite (auquel cas il ferait partie du monde virtuel). L'incertitude persiste jusqu'au moment où l'avatar commence à brûler (il est réel puisqu'il se détruit). En brûlant son propre avatar, le référent affirme alors l'existence réelle de son modèle tout en induisant une volonté d'en finir avec lui, sans doute pour passer à autre chose (avec la même facilité avec laquelle on supprime son profil dans un jeu ou sur un site).

Lorsque l'avatar commence à tomber, son référent le soutient, presque s'il l'assistait dans sa propre mort. Puis, une fois à terre, la destruction étant désormais inéluctable, le référent s'en va.

Au final que reste t-il ? Une tête, immobile, impassible, presque pitoyable. Ce regard plongé dans le vide, rappelant celui d'un cadavre, ne vient-il pas confirmer la dualité existentielle de cet archétype en carton (un peu comme un marionnettiste fait prendre "vie" à quelques bouts de tissus) ? Si le dernier plan fait appel à l'image d'un mort, cela n'induit-il pas qu'il y a eu un vivant auparavant ?

L'avatar est-il une entité si fictive ? Si dématérialisée, si irréelle ?

[1] - Gaston Bachelard, la psychanalise du feu - folio essais

display:none;

Cela fait maintenant plus de 6 mois que je travaille sur un projet qui vient enfin de voir le jour.

Ce projet est à l'initiative d'un séminaire de recherche sur l'auto archivage comme œuvre d'art mis en place par un de mes anciens profs à l'EESAB de Lorient : Julie Morel. L'intitulé du projet était simple : devant la frénésie d'archivage dans laquelle notre société s'est engagée et la multitude d'outils existants pour y parvenir, comment un travail artistique peut-il s'en emparer et questionner cette pratique ? Je cite Julie Morel sur son blog : « [...] il ne s’agit pas ici de lister un nombre d’expérimentations ou d’espaces d’archivages d’artistes dont le contenu serait intéressant, mais bien de s’emparer de ces outils et les transformer en matière à pratiquer une recherche jusqu’à en faire œuvre, tout en y portant un regard critique. »

Ce séminaire, en plus de faire appel à des artistes, écrivains et critiques, a laissé la possibilité à plusieurs étudiants en art de s'y intéresser et de proposer une réflexion plastique, dont moi même (j'étais encore étudiant à l'époque).

J'ai donc rejoint le groupe en proposant mon projet (développé sur une idée commune avec Guillaume Lepoix) : display:none; dont voici le rendu (j'explique ma démarche et mes intentions en dessous).

Explications :

display:none; est une carte.
Une carte interactive regroupant l'ensemble des pages d'un ou plusieurs sites web et qui se reconfigure en permanence. Chaque fois qu'une nouvelle entrée (billet, page, post, etc...) apparaît sur un site, la carte se recentre sur celle-ci et se reforme de telle sorte qu'elle n'affiche que des entrées ayant des points communs avec la première.

display:none; exploite la notion de flux, notion intrinsèque au web d'aujourd'hui (web 2.0).

Aujourd'hui, encore plus qu'avant l'Internet est devenu un vaste flux d'informations en perpétuel mouvement, instable et presque infini. Toute tentative de représentation de ce qu'est Internet (en terme de contenu et de lien) ne peut être que forcément subjective et simplifiée. IBM prédisait en 2006 que la masse d’informations dans le monde doublerait toutes les 11 heures en 2010 [1]. Selon une estimation il y aurait en 2011 1.8 zetaoctets de données dans le monde (soit 1.8 milliards de Téraoctets ou 1800 milliards de Gigaoctets)[2]. Ces chiffres amènent à un simple constat : Internet est un océan de données en perpétuel croissance dont l'ampleur est devenue incompréhensible et inimaginable pour l'être humain.

display:none; part de ce constat pour tenter de le représenter en plongeant l'utilisateur directement au sein de ce flux d'informations. La radicalité du projet consiste à n'afficher qu'une image par entrée (prélevée au sein de chaque page correspondante), ce qui la décontextualise, la rendant même parfois totalement incompréhensible. Ainsi, même si chaque entrée correspond bien à une vraie page présente sur le web (il est d'ailleurs possible de s'y rendre), le visiteur ne possède aucune information (du moins textuelle) sur la nature de cette entrée tant qu'il ne l'a pas visitée.

L'utilisateur de display:none; peut naviguer au sein de ce flot d'informations en y voyageant sans véritable direction, avec pour unique repère visuel des images totalement décontextualisées. Sans repère, sans même savoir quelle est la nature des liens entre les images, le visteur se retrouve à faire un voyage au sein d'un objet graphique à part entière.

A propos du nom :

display:none; est une propriété CSS (c'est un bout de code qui permet de mettre en page un document web).
En l’occurrence display:none; permet de supprimer totalement un bloc (si j'applique cette propriété au titre de mon billet par exemple il va totalement disparaître de l'écran). C'est sans doute une des propriétés de mise en page les plus radicale. J'ai donc choisi de nommer ainsi ce projet pour le point commun qu'il partage sur le traitement qu'il fait au texte : le supprimer totalement.

display:none; est aussi un outil libre de droits

Quitte à développer et à programmer un outil tel que displaynone;, je me suis dit qu'il valait mieux en faire profiter d'autres. display:none; est donc téléchargeable gratuitement et sous licence libre de droits (GPLv2). Il est possible de l'installer sur n'importe quel serveur disposant d'une base de données MySQL. Pour plus de détails, j'ai une page réservée au projet sur mon site :

Je remercie une fois encore Julie Morel (sans qui ce projet n'aurait jamais émergé) et Guillaume Lepoix (pour ses nombreux conseils sur les directions à prendre).

[1] Wikipedia : stockage d'informations - problématiques du stockage
[2] Actualité : 1,8 zetaoctets de données dans le monde - Clubic

Mon amour du comic sans

Préambule :

Pour ceux qui ne la savent pas encore (mais j'en doute) le Comic Sans MS est une typographie réalisée par Vincent Connare en 1995 pour Microsoft (d'où le MS à la fin). Très largement contestée dans le milieu du graphisme (idéal pour se discréditer définitivement en tant que graphiste) elle est encore très populaire dans le milieu des kikoolol ou des employés de mairie, et pour cause, c'est une des rares typographies distribuées par défaut avec un ordinateur. En gros cette typo ressemble à ça :

Cette typographie est hideuse

Pourquoi est-elle aussi détestée? Pour plusieurs raisons:

  • Elle ne correspond pas aux règles de typographie de base : pas de variante de graisse, pas de variante en italique, pas de table d'approche (si, vous savez, les différences quand certains caractères se retrouvent côte à côte)
  • Elle n'a pas été conçue pour être utilisée pour des blocs de textes, mais pour simuler une écriture manuscrite dans les bulles des BD (d'où le nom "comic")
  • Elle a été beaucoup trop utilisée par le grand public avec des mariages de couleurs peu subtils (qui n'a pas utilisé cette police pour inviter ses copains à un goûter d'anniversaire quand il avait 8 ans?), ce qui l'a rendue très rapidement kitch et apparentée à un usage peu professionnel

Une petite comparaison avec d'autres typos beaucoup plus sérieuses :

polices.jpg

Déformation professionnelle...

Étant quelque peu sensibilisé à la rigueur graphique, mon œil déformé ne peut s'empêcher de se focaliser sur une erreur de mise en page, un problème de césure, une police d'écriture du plus mauvais goût, etc... Ceux qui me connaissent au quotidien savent de quoi je parle : je passe mon temps à faire la chasse au comic sans.

Prenons par exemple un site web, choisi par mes soins pour ses qualités graphiques indéniables :

site001.jpg

J'ai bien-sûr flouté le titre et l'url afin que personne ne puisse reconnaître le site en question. Si certains d'entre vous croient reconnaître ce site, c'est évidemment une pure coïncidence, tout au plus une libre inspiration de ma part.

Passons donc à une analyse approfondie de ce merveilleux design. Chez moi on appelle ça une mise en page pop-corn ou encore une mise en page carnaval. Véritable festival de couleurs et de typographies, plus disgracieuses les unes que les autres, cette page noie le regard sous un flux d'informations, à tel point que le visiteur lambda ne sait pas où se retrouver.

Analysons maintenant un peu cette page, telle que je la vois :

site002.jpg

Puisqu'il s'agit d'un site web il est facile de séparer les différents éléments en blocs contenant différentes informations. Je reconnais donc un schéma assez classique : le header (haut de page) contenant titre, menu et différentes informations de connexion, en dessous le corps du site contenant tous les blocs moches, puis le pied de page (non visible sur l'image) avec différentes informations sur la navigation et le copyright. Autant dire qu'avec une structure aussi classique je ne suis pas aussi perdu que ça. Mais en vérité, sur ce site, je ne vois pas les choses comme ça, je les vois plutôt ainsi :

site003.jpg

Et oui, même en tout petit par rapport aux autres éléments, je repère le Comic Sans à plusieurs pixels à la ronde.

Mais qu'est-ce que cela veut dire ? Et bien c'est très simple : la publicité qui contient cette affreuse typo est la seule et unique chose que j'ai repéré (du moins au premier coup d’œil), faisant d'elle l'annonce la plus percutante de cette page. Le graphiste qui a conçu ce bandeau a tout compris, puisqu'il a réussi à accrocher mon regard malgré l'importante concurrence visuelle à laquelle il a du faire face.

En conclusion :

Pour les graphistes, le Comic Sans MS est une typo d'avenir puisque c'est celle qu'ils repèrent en premier !

J'en déduis donc que le choix de cette typographie est sans doute le choix le plus judicieux si le public visé est composé en grande majorité de graphistes. Leur déformation professionnelle, à laquelle ils ne peuvent plus rien (et oui, c'est trop tard pour eux), va immédiatement les conduire à porter leur regard sur les zones contenant cette typo.

Pour terminer voilà quelques démonstrations en exemple :

adb.jpg ggl.jpg fcbk.jpg

Sélection cinéma

Depuis le temps que je voulais le faire, j'ai enfin trouvé le temps (et le courage) de faire une liste des films coups de cœur année par année. En guise de bonus j'ai aussi mis les films que j'ai vraiment détestés. C'est une liste non exhaustive, d'abord parce que je n'ai pas vu tous les films sortis chaque année (ça on s'en doute) mais surtout parce que je n'ai pas mis les films que je trouvais moyens ou sans intérêt.

2011 :

Le film coup de cœur : Melancholia

J'ai aimé
  • 127 Hours Official Poster.jpg127 Heures
    Dany Boyle
  • affiche-93-la-belle-rebelle.jpg93, la belle rebelle
    Jean-Pierre Thorn
  • affiche-Melancholia-2010-4.jpgMelancholia
    Lars Von Trier
  • DriveDrive
    Nicolas Winding Refn
  • source_code_original.jpgSource Code
    Duncan Jones
  • la-piel-que-habitoLa Piel Que Habito
    Pedro Almodovar
  • the-artist-affiche.jpgThe Artist
    Michel Hazanavicius
J'ai trouvé très mauvais :
  • Black Swan - Darren Aronowski - Déjà vu et ennuyant
  • Sucker Punch - Zack Snyder - Du Zack Snyder...
  • The Tree of Life - Terrence Mallick - Du vrai-faux mystique sur fond de pub Areva
  • Transformers 3 - Michael Bay - Et 1 et 2 et 3... zéro
  • Super 8 - J.J Abrams - De l’esbroufe et du déjà vu
  • Paranormal Activity 3 - Henry Joost, Ariel Schulman - Même critique que transformers 3

2010 :

Le film coup de cœur : L'illusionniste

J'ai aimé
  • 208_112526.jpgBright Star
    Jane Campion
  • 4929031992_7fcea9ed08.jpgLe bruit des glaçons
    Bertrand Blier
  • 4c35e6a0d5454.jpgDes hommes et des dieux
    Xavier Beauvois
  • affiche-mammuth.jpgMammuth
    Kervern et Delépine
  • l-illusionniste-5755-1853542911.jpgL'illusionniste
    Sylvain Chomet
  • Machete Poster 1.jpgMachete
    Robert Rodriguez
  • outrage.jpgOutrage
    Takeshi Kitano
  • socialisme.jpgFilm socialisme
    Jean-Luc Godard
  • splice_affiche.jpgSplice
    Vincenzo Natali
  • tournee.jpgTournée
    Mathieu Amalric
J'ai trouvé très mauvais :
  • La Rafle - Rose Bosch - Ou comment tricher avec les vrais drames pour faire des entrées
  • Alice au pays des merveilles - Tim Burton - Actrice insipide et film ennuyant
  • Iron Man 2 - Jon Favreau - Très décevant par rapport au 1er
  • Inception - Christopher Nolan - DE-ception
  • The Social Network - David Fincher - Un film sans vagues pour redorer (un peu) le blason de Mr Facebook

2009 :

Le film coup de cœur : Discrict 9

J'ai aimé
  • 19051798_w434_h_q80.jpgTokyo Sonata
    Kyoshi Kurosawa
  • 2254584521_small_1.jpgThe Wrestler
    Darren Aronowski
  • 9782014633801.jpgLà haut
    Pete Docter
  • affiche-1.jpgLe ruban blanc
    Michael Haneke
  • affiche-2.jpgOSS-117
    Michel Hazanavicius
  • affiche-les-demineurs.jpgDémineurs
    Katheryn Bigelow
  • affiche-un-prophete.jpgUn prophète
    Jacques Audiard
  • district-9.jpgDistrict 9
    Neil Blomkamp
  • gran-torino-teaser-poster.jpgGran Torino
    Clint Eastwood
  • la_vague_film.jpgLa vague
    Dennis Gansel
  • mary-et-max-17596-687403708.jpgMary & Max
    Adam Elliot
  • morse.jpgMorse
    Thomas Alferson
  • public-enemies-postermin.jpgPublic Enemies
    Michael Man
  • the-limits-of-control-01.jpgThe Limits Of Control
    Jim Jarmush
  • very_bad_trip,4.jpgVery Bad Trip
    Todd Phillips
J'ai trouvé très mauvais :
  • Watchmen - Zack Snyder - Sans commentaire...
  • Dragonball Evolution - James Wong - Haha, c'était une blague non?
  • Transformers la revanche - Michael Bay - Un des meilleurs films de Michael Bay...
  • Inglourious Basterds - Quentin Tarentino - Grosse déception
  • Thirst - Park Chan Wook - Zut, sa filmographie était un sans faute jusque-là
  • 2012 - Rolland Emmerich - On en reparle en 2013
  • L'Imaginarium du docteur Parnassus - Terry Gilliam - Bof, c'est quoi le but là ?
  • Le vilain - Albert Dupontel - Ouille, c'est mauvais...
  • Paranormal Activity - Oren Peli - Je donne 10€ à celui qui s'endort pas devant
  • La route - John Hillcoat - Très bonne idée... malheureusement gâchée
  • Avatar - James Cameron - Tout le monde l'a vu, pas besoin de me justifier
  • Rec² - Jaume Balaguero - Du sous-sous-sous Blair Witch

2008 :

Le film coup de cœur : Speed Racer

J'ai aimé
  • 130213-b-rumba.jpgRumba
    Dominique Abel
  • 2149281933_3.jpgLe bon, la brute et le cinglé
    Kim Jee Woon
  • 50503_10604219307_7274473_n.jpgJCVD
    Mabrouk El Mechri
  • 57549-b-speed-racer.jpgSpeed Racer
    Andy et Larry Wachowski
  • 59316194.jpgValse avec Bachir
    Ari Folman
  • 71039_8907712172_7893264_n.jpgInto The Wild
    Sean Penn
  • affiche-iron-man.jpgIron Man
    John Favreau
  • affiche.jpgTonnerre sous les tropiques
    Ben Stiller
  • bons_baisers_de_bruges,0.jpgBons Baisers de Bruges
    Martin McDonagh
  • Cloverfield.jpgCloverfield
    Matt Reeves
  • deux-jours-a-tuer-30-04-2008-1-g.jpgDeux Jours à tuer
    Jean Becker
  • gomorra,0.jpgGomorra
    Matteo Garrone
  • hunger.jpgHunger
    Steeve McQueen
  • no_country_for_old_men-affiche.jpgNo country for old men
    Joël et Ethan Coen
  • post-513-1272488662.jpgSéraphine
    Martin Provost
  • Rocknrolla-locandina.jpgRock'n'Rolla
    Guy Richie
  • The-Mist-movie-poster.jpgThe Mist
    Franck Darabon
  • tokyo--affiche.jpgTokyo!
    Leos Carax, Bong Joon-ho, Michel Gondry
  • win0814poster.jpgThe Dark Knight
    Christopher Nolan
J'ai trouvé très mauvais :
  • Sweeney Todd - Tim Burton - Pitié, pas une chanson, noooooooon !
  • Soyez sympas, rembobinez - Michel Gondry
  • MR 73 - Olivier Marchal - Et surtout n'oubliez pas de voter FN après avoir vu le film
  • Indiana Jones 4 - Steven Spielberg - C'était quoi ça ?
  • Phénomènes - M. Night Shyamalan - Il a déjà fait un bon film lui ?
  • Diairy of the dead - Georges A Romero - C'était tellement mieux "zombies"
  • Babylon AD - Mathieu Kassowich - Kassovitch est parti pendant le tournage... ça en dit long
  • Le jour où la terre s'arrêta - Scott Derrickson - Mauvais remake
  • Burn after reading - Jeël et Ethan Coen - Quelqu'un a ri ?

2007 :

Le film coup de cœur : Sunshine

J'ai aimé
  • 115029-b-retribution.jpgRétribution
    Kyoshi Kurosawa
  • 127944-b-4-mois-3-semaines-2-jours.jpg4 mois, 3 semaines, 2 jours
    Cristian Mungiu
  • 18736402_w434_h_q80.jpgContre enquête
    Franck Mancuso
  • 20080422221757.jpgParanoid Park
    Gus Van Sant
  • 205vgwbl.jpgLettres d'Iwo Jima
    Clint Eastwood
  • 222509.jpgSunshine
    Dany Boyle
  • 5471.jpgJoyeuses Funérailles
    Franck Oz
  • 61320-b-shoot-em-up.jpgShoot'em up
    Michael davis
  • 74126_b11302a05284ad610d16a291bf417096.jpgJe suis un cyborg
    Park Chan Wook
  • affiche-Le-Fils-de-l-epicier-2007-1.jpgLe fils de l'épicier
    Eric Guirado
  • affiche_planet_terror.jpgPlanète terreur
    Robert Rodriguez
  • amer_beton,0.jpgAmer Béton
    Michael Arias
  • edenlog.jpgEden Log
    Franck Vestiel
  • Le_dernier_roi_d_ecosse_grande_cine.jpgLe dernier roi d’Écosse
    Kevin Macdonald
  • p010.jpgPersépolis
    Marjane Satrapi
J'ai trouvé très mauvais :
  • Apocalypto - Mel Gibson - Gibson en plein trip aux extas
  • L'Illusionniste- Neil Burger - Très très mauvais
  • Inland Empire - David Lynch - Long...
  • 300 - Zack Snyder - Subtil et harmonieux
  • Les Contes de Terremer - Goro Miyazaki - Pas bon le fils à papa
  • Spider man 3 - Sam raimi - Vive l'amérique
  • Boulevard de la mort - Quentin Tarentino - bof bof
  • Transformers - Michael Bay en force
  • 28 Semaines plus tard - Bouh que c'est mauvais
  • Je suis une légende - Une très très mauvaise adaptation

Colère

J'ai du le voir pour la première fois quelques jours après mon arrivée à Lorient, c'est à dire il y a maintenant 5 ans. Je rentrais d'un repas chez des amis, il était donc relativement tard (peut-être 1h du matin) et, habitant à l'époque près de la gare d'échanges (un quartier peu tranquille la nuit), je marchais d'un pas décidé et d'un œil attentif (aussi attentif puisse-il être après un bon repas arrosé de vin).

Je l'ai entendu avant de le voir :

«Ouaieuuuu, sarkozyiiiieu enculééééeuuu, c'est toujours pareileuuuu, franchement on nous prend pour des conssssseuuu, non, vraiment, il y en a marreuuu, z'êtes pas d'accord, hein, z'êtes pas d'accord vous heineuuu, c'est toujours pareileuuuu [...]»*

Je venais de rencontrer Colère.

Colère (c'est le nom que je lui ai attribué étant donné que je n'ai jamais vraiment osé lui demander) est un homme d'une quarantaine d'années, cheveux grisonnants, souvent vêtu d'un long manteau beige-délavé, toujours en jean et, surtout, toujours en colère.

Ma première rencontre avec lui a été assez tendue, je n'étais pas vraiment rassuré sur ses intentions : était-il violent ? voulait-il qu'on lui réponde ? que faire ? En bonne personne courageuse que je suis, j'ai fait semblant de ne pas le voir ni de l'entendre (chose assez difficile vu le nombre de décibels et ses gestes dans tous les sens) et j'ai passé mon chemin.

Le lendemain, sans doute en milieu d'après midi, j'ai entendu la même mélodie. Un peu curieux (mon courage ayant retrouvé son maximum maintenant que les rues étaient pleines de monde) je me suis rapproché et j'ai revu Colère... toujours en colère. Cette fois-ci je suis resté un peu, sans doute pour essayer de comprendre le personnage. C'est à cette occasion que je me suis rendu compte qu'il était inoffensif. Il toisait les gens à la recherche d'une personne capable de lui apporter son soutien. Les passants, visiblement aussi courageux que moi la veille, semblaient adopter le même comportement : surtout faire semblant de ne pas voir. Cette scène m'a souvent amusé d'ailleurs les autres fois où j'ai revu Colère, c'était presque devenu un jeu d'observer la réaction (ou plutôt la non-réaction) des passants face à cet homme.

Je l'ai recroisé bon nombre de fois pendant plusieurs années, presque comme s'il faisait partie intégrante de cette ville. C'était souvent le même scénario : je l'entendais, ce qui avait pour effet de décrocher un sourire sur mon visage, puis je le voyais, fidèle à lui-même, identique, inchangé malgré les années qui passent. Je crois que j'ai toujours eu beaucoup de compassion pour Colère, il n'était pas méchant, il ne faisait de mal à personne.

Puis un jour il a disparu. C'était il y a 2 ans.

 

Epilogue:

Hier soir, j'ai revu Colère. Je dois dire que j'ai ressenti une grande joie de le retrouver, vivant. Cependant quelque chose avait apparemment changé chez lui : il n'était plus en colère. Nous étions à un concert dans un bar ce qui m'a permis de l'observer discrètement. Si sa colère s'était calmée, il n'en était pas moins resté inchangé, toisant les gens dans tous les sens pour leur dire à quel point le concert était bien et à quel point le guitariste avait une magnifique guitare. Certains le prenaient pour un relou-de-base et lui répondaient de manière succinte sans vraiment le regarder, mais d'autres entamaient la conversation avec lui.

Il aurait pu me faire un peu de peine, mais j'ai vu le changement radical dans la réaction des gens (avant ils faisaient tous semblant de ne pas le voir) j'étais content pour lui.

Mais du coup comment vais-je l'appeler maintenant ?

 

*Nicolas Sarkozy était à l'époque ministre de l'intérieur et faisait déjà parler de lui

La mort de Steve Jobs

Je n'apprend rien à personne en disant que Steve Jobs, co-fondateur d'Apple est décédé mercredi dernier (il suffit d'ouvrir ses volets pour voir partout dans la rue la nouvelle de sa mort). Sentant le scoop qui fait vendre, la presse a sauté sur l'occasion pour faire de magnifiques discours et images pour saluer l'homme.

Je n'ai jamais été un grand fan d'Apple (ceux qui me connaissent se rappelleront sans doute ma verbe, ma médisance et mon acharnement à critiquer la pomme), mais je suis forcé de reconnaître certaines qualités dans ces produits. Il est vrai qu'Apple a sorti plusieurs produits phares, que la concurrence s'est empressé de copier et qui sont, aujourd'hui, devenus des outils quotidiens, mais il faut quand même se modérer :

Apple n'a pas inventé le smartphone, ils ont combiné tout ce qui se faisait en matière de technologie mobile et l'ont réuni dans un outil parfaitement fonctionnel (là était la nouveauté)

Apple n'a pas inventé l'OS (bon, là il y a eu plein de précurseurs)

Apple n'a pas inventé la souris (elle a été inventée en 1963 par Douglas Engelbart du Stanford Research Institute)

La marque à la pomme n'a fait qu'apporter, toutes ces années, ses pierres à l'édifice qu'est devenu aujourd'hui le monde du numérique. Apple a su innover pour présenter des produits fonctionnels et "beaux" et a réussi à créer une force de marketing à nulle autre pareille. Car oui, avant tout les produits Apple sont des concepts avant d'être des outils. Il suffit de voir leurs publicités pour en être convaincu :

ipad_slogan.PNG

pub-apple-maj-ultime.jpg

Campagnes agressives, slogans efficaces, bref, un véritable travail de marketing parfaitement orchestré. En gros, Apple fait de très belles machines et sait les vendre, et c'est tout.

Revenons maintenant à Jobs. Sa mort a suscité bon nombre de réactions dont voilà quelques perles:

"Steve était l'un des plus grands inventeurs américains, assez courageux pour penser différemment, assez audacieux pour croire qu'il pouvait changer le monde et assez talentueux pour le faire" B. Obama

"les 3 pommes de l’histoire: pomme d’adam, pomme de newton, pomme de steve" Un (ou plusieurs) internaute(s)

"Ce soir l'Amérique a perdu un génie dont on se souviendra comme d'Edison et d'Einstein [...]" Michael Bloomberg

Voilà justement l'objet de mon irritation. Non, Jobs n'est pas un homme qui a révolutionné le monde, il a juste vendu des ordinateurs (et des gadgets). Je me demande pourquoi, les médias, et les gens par extension, se sentent obligés d'exagérer de manière disproportionnée l'impact de cet homme sur le monde. C'était un patron d'une des plus importantes multinationale américaine, visionnaire certes, mais pour sa propre entreprise. Comment peut-on comparer, ne serait-ce qu'une seule seconde Jobs avec Einstein ? Einstein est l'homme qui a révolutionné la pensée de la science moderne avec sa théorie de la relativité, Jobs, lui, n'a fait que présenter de nouveaux objets de consommation et sachant créer un effet de besoin chez le consommateur. Et c'est extrêmement différent !

Ce n'est même pas lui qui a créé l'iPhone, l'iPad, l'iMac, il n'a fait que réunir et diriger des techniciens très talentueux pour fabriquer ces produits. Alors pourquoi lui attribuer ce mérite?

Il y a encore quelques années, on qualifiait de génie qui change le monde des hommes comme Gandhi, Luther King, des hommes qui ont payé de leur vie la volonté de faire avancer l'humanité. On qualifiait aussi en ce sens des inventeurs ou des scientifiques porteurs d'une pensée révolutionnaire qui a eu un impact notoire sur notre manière d'appréhender le monde : Einstein, Edison, Galilée, les Curie, etc... Pour les artistes c'est exactement la même chose, Duchamp à bouleversé notre rapport à l'exposition (ok, c'est réducteur), Picasso notre vision de la représentation en art, Robert Capa notre manière d'appréhender le monde qui nous entoure, etc...

Alors pourquoi, à notre époque, n'encensons nous plus les prix Nobel de Physique, de Mathématiques, et autres ? Connaît-on seulement leurs noms ? Notre société préfère élever au rang de Dieu un dirigeant d'entreprise, sorte de gourou de la technologie devant lequel tout le monde devrait se prosterner. Qu'est devenu notre vision du monde ? Où sont les penseurs, où sont les utopistes, où sont ceux qui veulent apporter quelque chose à notre société sans y étiqueter 99$ ? Car oui, Jobs nous a vendu des produits, il n'a rien donné et c'est très différent.

Alors oui, pour conclure, je déplore la mort de l'homme qui se battait depuis 2004 contre un cancer. Non, je ne considère pas son décès comme une perte pour l'humanité toute entière, c'est une perte humaine et c'est déjà pas mal !

Melancholia de Lars Von Trier

affiche-Melancholia-2010-4.jpgJe suis allé voir jeudi dernier Melancholia de LVT, ce film fait partie des meilleurs que j'ai pu voir cette année.

Au début le film commence un peu comme Tree Of Life (un film qui prétend montrer la beauté du monde sur fond d'écran Apple), j'avoue que j'ai eu un peu peur. Sauf que Lars Von Trier ce n'est pas Terrence Mallick et qu'il ne s'embourbe pas dans un discours niaiseux en filmant le soleil dans les arbres (quoi qu'il s'embourbe avec son discours sur le nazisme, mais c'est pas le propos du film). Les deux films sont assez similaires en apparence, mais leurs intentions divergent.

Tree Of Life propose de belles images pour nous faire croire que le monde est beau (n'est-ce pas un non-sens de montrer un monde esthétisé pour témoigner de sa beauté ?). Mallick nous montre alors une belle pub Areva comme il l'avait déjà fait avec Nouveau Monde (avec de belles phrases "Dieu, tu m'a tendu les bras", ressemblant trait pour trait aux slogans EDF "On vous doit plus que la lumière"). J'ai trouvé ce film moralisateur, peu subtil (balancer Lacrimosa après la mort d'un enfant c'est très très fin...), séduisant et esthétisant, bref extrêmement prétentieux.

Melancolia est à l'opposé une œuvre beaucoup plus noire. D'abord, les "belles" images sont très différentes, puisqu'elles sonnent plus comme des tableaux représentant les derniers moments de vie des personnages que comme une prétendue représentation du monde (d'ailleurs un des tableaux est issu directement du rêve d'un des personnages). Le côté romantique prend alors tout son sens et finit par se diriger, lentement, vers une mélancolie totale (le film est tout autant mélancolique que le personnage principal). Ensuite, le film se contente de témoigner de la fin du monde uniquement à travers 2 personnages (3 avec l'enfant). Melancholia part donc du petit pour aller vers le grand, à l'inverse de Tree Of Life (où le début du film nous dresse une carte de l'infiniment grand à l'infiniment petit en s'étalant sur une période allant de la préhistoire à nos jours, rien que ça!). C'est donc une œuvre qui, bien que traitant d'un sujet aussi lourd que la mélancolie, ne se perd pas dans un récit trop vaste en se concentrant sur l'essentiel : l'acceptation de la fatalité. En bref, un véritable remède pour ceux qui, comme moi, ont du mal à se remettre du film de Mallick.

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Si vous n'avez pas vu le film, je vous conseille de vous arrêter là, ça va pas mal spoiler.

L'histoire est volontairement simple : une planète du nom de Melancholia surgit de derrière le soleil et se dirige vers la terre, signant irrémédiablement la fin du monde. Pourtant, l'histoire ne se concentre que sur les deux sœurs, Justine (Kirsten Dunst) et Claire (Charlotte Gainsbourg), aux caractères (et aux physiques*) fondamentalement opposés : l'une sombre dans une mélancolie totale et accepte la fatalité comme une sorte de délivrance tandis que l'autre se bat contre un sort pourtant inévitable (la séquence où Claire tente de fuir la fin du monde avec une voiturette de Golf est des plus ridicule).

L'analogie entre les deux planètes qui se confrontent et les deux sœurs est d'ailleurs étonnante. La Terre, étonnamment petite face à Melancholia, serait Claire (très maigre) face à Justine (très plantureuse). Le destin des deux sœurs est scellé à l'instar de celui des deux planètes qui vont se heurter. Si je vais plus loin, je pourrai même dire que Claire a tout à perdre (elle a un enfant qu'elle veut protéger à tout prix), comme la Terre qui abrite la vie, alors que Justine, qui vient de massacrer sa carrière et son mariage (on pense d'ailleurs à Festen de Vinterberg pour la séquence du mariage) est comme Melancholia : un corps céleste sans vie (dans sa phase la plus basse Justine ne trouve même plus la force de marcher) qui précipite le monde dans sa propre chute.

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Pour mettre un terme à tout espoir, LVT décide, dans une séquence très bien emmenée, de déclarer et de prouver qu'il n'existe pas de vie ailleurs. La collision des deux planètes signe donc l'anéantissement total de la vie dans l'univers. Et Trier décidera justement de terminer son film lors de la collision, comme si la disparition de la vie entrainait logiquement la disparition du film : il n'y a plus rien après.

La fin du film est d'ailleurs sublime : après avoir dressé un beau pied de nez à tous les films de catastrophe hollywoodiens (Claire propose d’assister à la fin du monde avec un verre de vin, très cliché, et se fait remballer par Justine qui lui propose plutôt "d'attendre dans les chiottes") Trier nous dresse une dernière image choc : les personnages, réunis dans une "cabane magique" assistent à l'arrivée fulgurante de l'immense planète qui remplit le ciel. La fragilité et la puérilité de la cabane (c'est l'enfant qui demande à ce qu'on la construise) entre en contraste direct avec cet immense corps qui fonce à une vitesse folle et dont le gigantisme dépasse l'entendement. Cette séquence sonne presque comme l'image même de l'inéluctabilité.

*D'ailleurs c'est moi ou Kirsten Dunst s'est fait refaire les seins ?

Le rangement désorganisé ou le désordre rangé

Lorsque j’invite des gens chez moi pour la première fois j’entends souvent la remarque suivante :

« oh c’est bien rangé chez toi ! »

En réponse, je souris, bêtement, fais parfois le modeste « oh, mais c’est parce que vous veniez », parfois le faux-surpris « ah bon ? vous trouvez ? pourtant j’ai un crayon là posé sur la table qui n’est pas à sa place », mais je reste toujours très gêné...

...et pour cause :
     cette affirmation est totalement fausse !

Pour terminer avec cette image qui me suit depuis quelques années : non, je ne suis pas maniaque (les 15cm de vaisselle qui dépassent régulièrement de mon évier sont là pour en témoigner), je fais juste partie de la tranche de la population qui aime le «bordel rangé».

Selon moi, il existe deux types d’organisation : le rangement désorganisé d’une part et le désordre rangé d’une autre.

Le bordélique organisé est une personne qui entasse (comme tout le monde), mais qui n’a de cesse d’essayer de structurer son espace, hiérarchiser ses biens. Ainsi, il se munit d’espaces dits de rangement (placards, tiroirs, casiers, caves, etc...) et y place, selon une organisation qui lui est tout à fait personnelle, l’ensemble de ses biens. Il mathématise, géométrise, compose et décompose des zones spatiales dans lesquelles il va placer, au plus près de ses convictions structurelles, les objets qu’il possède. Parfois il pousse le vice jusqu’à mettre des étiquettes ou des bandeaux de couleur afin d’esthétiser son organisation.
Pourtant, à quoi cela lui sert-il?
Ces placards, il ne les ouvrira jamais, il entasse et accumule à l’infini, comme ces antiquaires qui vous font visiter leurs hangars remplis de vieilleries dont seules les araignées apprécient l’utilité. Ces espaces deviennent alors des non-lieux, des espèces de vestiges, composés d’objets en tout genre entassés, organisés, mais jamais consultés.
Souvent, le bordélique organisé n’a presque plus aucun souvenir des objets qu’il «range». Il est alors obligé de créer des listes ou des moyens mnémotechniques pour se retrouver dans sa propre (dés)organisation. Dans l’absolu, un bordel organisé serait une sorte de bibliothèque, où chaque oeuvre serait rangée par ordre alphabétique mais dont personne ne connaîtrait l’intégralité du contenu.
Si vous demandez à un bordélique organisé de retrouver sa facture EDF du premier trimestre 2009, il lui faudra très peu de temps pour ouvrir le placard qui contient la boîte qui contient le classeur qui contient l’intercalaire qui contient le fameux document.

Le maniaque désorganisé est une personne beaucoup moins centrée sur les apparences. Là où un bordélique organisé se vante (et n’a de cesse de le montrer d’ailleurs) de sa prétendue organisation, le maniaque désorganisé ne peut pas se cacher : son habitat est le reflet de son mode de vie. Lorsque l’on entre chez lui, on découvre presque immédiatement une architecture déconstruite, ressemblant plus à un Picasso (de son époque cubiste) qu’à un De Chirico. Le sol sur lequel il marche est constitué de plusieurs strates, composées d’un agglomérat de feuilles, d’ustensiles (stylos, couverts, etc...) et de poussière. Les parois de son habitat sont composées de murs, de livres et de cartons se soutenant les uns les autres pour porter la toiture depuis laquelle pend toute sorte d’objets organiques ou non.
Pourtant il sait parfaitement se retrouver dans son espace : il possède une sorte de géolocalisation ou de cartographie des lieux dans lesquels il entasse, à tel point qu’il peut y survivre presque sans aucun problème des jours durant. Le drame survient d’ailleurs lorsqu’un bordélique organisé vient semer la pagaille (comprenez «ranger») dans son espace, laissant notre maniaque désorganisé dans une sorte de léthargie post-traumatique due au fait qu’il ne retrouve plus du tout ses affaires.
Si vous demandez à un maniaque désorganisé de retrouver sa facture EDF du premier trimestre 2009, il lui faudra très peu de temps pour vous ressortir une couverture chargée d’histoire (notamment le dernier festival de rock où il pleuvait des cordes) contenant un coffre à jouets (le rose, celui de son enfance, offert par ses grands parents) dans lequel une boîte à chaussures (des adidas à -75%, une vraie affaire) renferme des crayons (utilisés au CM2), un petit soldat (volé à Jean-Luc à la maternelle) et le fameux document (un peu taché, du café renversé dessus).

Alors quelles différences ? Un bordélique organisé aseptise sa boulimie bordélique en lui attribuant des étiquettes et en empêchant un envahissement pourtant inévitable. Le maniaque désorganisé se laisse au contraire totalement envahir par les objets qu’il accumule, afin de mieux les assimiler, mais finit par disparaître sous le développement d’une symbiose organico-minérale des éléments constitutifs de son lieu de vie.

Mais ranger c’est quoi ? C’est simplement entasser le bordel dans des placards ou dans des tiroirs.
Rien de plus.

Et vous ? Plutôt bordélique organisé ou maniaque désorganisé ?