Parallèles

Mot-clé - thomas daveluy

Soustractions

Dans le cadre de l'exposition collective Hospitalités au site abbatial de Saint Maurice à Clohars-Carnoët, j'ai été amené à réaliser un ensemble de sculptures nommé Soustractions.

Cette pièce prend la forme de 6 cubes en bitume noir de 35 x 35 cm, répartis dans tout le parc du site ababtial. Les cubes sont insérés dans un mur, un arbre, de la terre ou encore une souche. Parallèlement un des bâtiments du site abbatial accueille 6 autres cubes reprenant le contenu des cubes noirs. Ainsi, on peut retrouver les 6 contenus alignés dans l'espace d'exposition.

pano.jpg _IGP7156.jpg _IGP7159.jpg
_IGP7161.jpg _IGP7176.jpg _IGP7187.jpg _IGP7188.jpg
_IGP7162.jpg _IGP7177.jpg _IGP7194.jpg _IGP7196.jpg
_IGP7163.jpg _IGP7175.jpg IMG_4857.JPG IMG_4858.JPG
_IGP7164.jpg _IGP7171.jpg _IGP7184.jpg _IGP7186.jpg
_IGP7166.jpg _IGP7170.jpg _IGP7192.jpg _IGP7193.jpg
_IGP7167.jpg _IGP7168.jpg _IGP7190.jpg _IGP7191.jpg
 

Comme une sorte de carottage (technique de prélèvement scientifique) cette pièce présente alors 6 soustractions réunies dans l'exposition et symbolisées dans le parc par les blocs en bitume noir.

En marge de l'exposition, un catalogue a été édité, laissant la place aux explications de chaque artiste à propos de se pièce. Voici mon texte :
 

Soustractions est un symptôme. Symptôme de la manière dont l’être humain tente désespérément de collecter la nature ou de la maîtriser. Dans son ignorance ou son émerveillement pour elle, il l’abîme, sans même parfois en prendre conscience. De manière presque parodique, cette pièce reproduit une technique scientifique (le carottage) afin de présenter des échantillons du site abbatial de Saint-Maurice. Mais ces prélèvements laissent derrière eux des traces indélébiles. Sortes de cicatrices créées par l’Homme, elles interrogent la confrontation entre la nature et les matériaux artificiels.

Nous voulons protéger, préserver, conserver la nature parce que nous la trouvons belle. Alors nous la transformons, nous manipulons son ADN, nous l’ajustons à nos propres valeurs, nous créons des jardins artificiels : les plantes sont modifiées pour correspondre au mieux à nos règles abstraites. Le jardinier qui déverse du RoundUp dans son jardin se rend-il seulement compte de la violence de son acte envers la faune et la flore ? Il s’agit d’un amour vache, un amour à sens unique : la nature est étrangère aux notions d’esthétique.

Autant admiratif que curieux, l’humain ne sait jamais comment réagir face à des phénomènes naturels qu’il ne comprend pas. Alors, à la manière d’un collectionneur il prélève, récupère, emprunte, parfois en déséquilibrant l’écosystème, mais ne s’en rend pas compte. Si tenté qu’il y ait un sens (spirituel ou technique) au phénomène de la vie sur Terre, il est à parier que l’être humain aura bien des difficultés à le comprendre un jour. Mais il le cherche continuellement et c’est cela qui rend la science aussi fascinante.

Fascinants, c’est ce que sont les cubes de Soustraction. Le bitume crée une profondeur infinie dans sa couleur mate. Comme un trou noir, comme une pupille qui semble nous observer, chaque cube qui vient soustraire un pan de la nature crée quelque chose d’énigmatique. Comme le monolithe de 2001, il questionne autant qu’il inquiète. La forme cubique, aboutissement de la géométrie humaine, finit d’installer le contraste avec l’environnement : Dieu ne trace pas de lignes droites.

Multilocalisée, Soustraction s’appréhende en deux temps : par le cheminement du spectateur, sa confrontation à des pansements du sol, du végétal et du bâti mais également dans un autre lieu, avec l’exposé des extractions, comme une tentative maladroite de démonstration de ce que l’homme désire préserver. Il ne s’agit donc pas une pièce scientifique mais d’une œuvre de science-fiction : elle interroge le rapport entre l’homme et la nature en insérant un élément fictif. Le sens de cette pièce ne réside pas dans ce qu’elle est, mais dans ce qu’elle projette, ce qu’elle chuchote implicitement. Soustraction pose la question, sans fournir de réponse, de la curiosité humaine et de ses conséquences.

 

Noir Statues à l'Octopus à Lorient

Noir Statues s'est produit à l'Octopus à Lorient samedi 13/09. Une centaine de personne s'est déplacée pour assister à l'événement.
Le concert a duré 45 minutes et était rediffusé en direct sur une télévision pour les autres salles du bar.

Noir Statues à l'Octopus 2014 Noir Statues à l'Octopus 2014 Noir Statues à l'Octopus 2014 Noir Statues à l'Octopus 2014 Noir Statues à l'Octopus 2014

Le concert en vidéo (45 minutes) :

Nouvelle vidéo : Echo²


[2014] Echo² par I7b

 

Echo² est la poursuite du travail de superposition et de compression de l'espace vidéo déjà entamé entre autres dans Echo (2011).

Voilà déjà plusieurs années maintenant que je poursuis ce travail, presque politique, sur l'envie de contredire l'idée reçue que le numérique est quelque chose d’immatériel, de flottant. Je n'ai que trop souvent entendu dire (même lors de mon diplôme) que mon travail, de part le fait qu'il se fait sur des supports numériques, était très éloigné du travail manuel collé à l'artiste, avec cette vieille définition du XIXème de l'artiste virtuose faisant de l'or avec ses mains. Aujourd'hui, même si cette définition correspond plus à l'artisanat, on entend encore de vieux réflexes archaïques : "Oui, mais vous ne touchez pas de vos mains". Le débat est stérile mais les clichés ont la vie dure et c'est aussi pour cette raison que je continue, avec acharnement, à réaliser ces vidéos mélangeant un travail très technique et une ouverture sur un rendu plus poétique.

Dans la précédente version de 2011, je me contentais de remettre chaque image en fonction de sa position par rapport à la précédente. La séquence révélait alors chaque image du film (chaque ligne correspondant à une image, 25 lignes représentent 1 seconde de film) mettant en avant la composante première de la vidéo : une suite d'images fixes.

Cette fois-ci la technique va plus loin, en replaçant de manière beaucoup plus précise chaque image du film à l'endroit exact où elle a été filmée. Comme pour Echo (premier du nom), il se dessine une sorte de couloir, correspondant à un portrait de la séquence vidéo. Ici j'ai usé de techniques de motion capture, avec des outils que l'on retrouve dans le cinéma, afin d'obtenir un couloir qui dessine exactement le trajet que j'ai parcouru lorsque j'ai filmé. De cette manière j'obtiens un couloir en 3D devant lequel je place une caméra fixe qui observe ainsi le film partir à l'horizon.

bateau-atelier.jpg



Au final le rendu s'avère très différent de la première version, puisque l'espace vidéo est beaucoup plus discernable. Chose étrange, il y a presque deux parties qui se dessinent : la partie haute, qui s'ouvre sur un univers très pictural, non sans rappeler les reflets des arbres dans les peintures de Monet. On retrouve un amalgame que j'avais déjà souligné dans d'autres de mes vidéos où la matière numérique, composée de pixels se rapproche énormément du pointillisme.

 

TombRaider1.jpgA cette partie, très liquide, vient se heurter la seconde moitié de l'image, avec des éléments plus grossiers, mais plus discernables (je veux dire par là moins abstraits). On retrouve ici une des composante de la matière vidéo/numérique : les pixels. J'aime faire le parallèle avec Tomb Raider (plusieurs personnes me l'ont aussi indiqué spontanément, donc je ne pense pas me tromper) ou tout autre jeu datant de cette époque du tournant de la 3D avec un affichage très flottant et pixelisé (j'en parle d'ailleurs ici dans mon article sur Standalone Post).

 

Au final, le but premier de l'ensemble de mon travail me semble atteint : montrer les spécificité de cette matière numérique, présenter son ouverture sur un univers vaste et infini tout en insistant que le numérique EST matériel, puisqu'il est manipulable, transformable et que ses enjeux plastiques peuvent être transposables à d'autres types d'art.

 

1901-02allee_jardin_giverny.jpg
Allée du Jardin de Giverny, 1901, Claude Monet

Noir Statues, nouveau teaser

noirstatues.fr
soundcloud.com/noir-statues

Les oiseaux, variation #1 - exposé à la galerie Hélène Bailly

Le projet Les oiseaux variation #1 se termine par l'exposition dans la galerie Hélène Bailly à Paris dont le vernissage s'est tenu samedi 30 novembre dernier.

Voici quelques images de l'installation dans cette galerie, dont le lieu est vraiment adapté à la présentation de cette pièce.

Les oiseaux, variation #1 - par Thomas Daveluy Les oiseaux, variation #1 - par Thomas Daveluy Les oiseaux, variation #1 - par Thomas Daveluy Les oiseaux, variation #1 - par Thomas Daveluy
Les oiseaux, variation #1 - par Thomas Daveluy Les oiseaux, variation #1 - par Thomas Daveluy Les oiseaux, variation #1 - par Thomas Daveluy

Vous pouvez retrouver aussi les photos du vernissage sur le blog de Multi-prises.

--

La vidéo de l'installation de la pièce dans la galerie (3 jours résumés en 1 minute) :

Millefeuille, exposition galerie Hélène Bailly

millefeuille-carton_invitation-1.jpg

Exposition collective des anciens étudiants de l'EESAB - du 3 décembre au 8 février

Vernissage Le samedi 30 novembre de 16h00 à 20h00.

Artistes : Faustine Beuve, Caroline Brisset, Marion Brossard, François-Xavier Chanioux, Sarah Chantrel, Julia Clouette, Thomas Daveluy, Maxime Davy, Jonas Delhaye, Thomas Dellys, Rémi Duprat, Nastasja Duthois, Vincent Escalle, Anita Gauran, Julien Gorgeart, Thomas Joly, Catherine Le Carrer, Joachim Monvoisin, Rika Tanaka

J'y exposerai la pièce Les oiseaux - variation #1 actuellement en construction.

_IGP2649.jpg