Parallèles

Mot-clé - travail

42 minutes

42 minutes c'est le temps que met l'eau qui provient de l'ancien moulin à l'abandon à atteindre le jardin collectif du village de Saumède.

Ce petit cours d'eau est extrêmement précieux puisqu'il fournit la seule source d'eau du jardin qui permet aux résidents de se nourrir à peu de frais.
En plus des débris (branches, glands, herbes) qui bouchent le canal et réduisent le débit de l'eau, le village doit partager cette eau avec différents habitants des environs certains jours. Au final, le jardin de Saumède n'a accès à l'eau que 4 jours sur 7 grâce à ce petit canal dont l'existence est fragile et le débit très variable.

Cette vidéo retrace donc le cheminement de l'eau le long de ces quelques kilomètres, tout en jouant sur un rapport d'échelle et de déformation du aux gouttes d'eau collées à l'objectif.

*****

Quelques éléments de travail, les deux bateaux qui ont servi pour faire flotter la caméra :

Première version du bateau Première version du bateau Première version du bateau : gros plan sur la caméra miniature
Deuxième version du bateau : plus légère et plus naviguable Deuxième version du bateau Deuxième version du bateau

display:none;

Cela fait maintenant plus de 6 mois que je travaille sur un projet qui vient enfin de voir le jour.

Ce projet est à l'initiative d'un séminaire de recherche sur l'auto archivage comme œuvre d'art mis en place par un de mes anciens profs à l'EESAB de Lorient : Julie Morel. L'intitulé du projet était simple : devant la frénésie d'archivage dans laquelle notre société s'est engagée et la multitude d'outils existants pour y parvenir, comment un travail artistique peut-il s'en emparer et questionner cette pratique ? Je cite Julie Morel sur son blog : « [...] il ne s’agit pas ici de lister un nombre d’expérimentations ou d’espaces d’archivages d’artistes dont le contenu serait intéressant, mais bien de s’emparer de ces outils et les transformer en matière à pratiquer une recherche jusqu’à en faire œuvre, tout en y portant un regard critique. »

Ce séminaire, en plus de faire appel à des artistes, écrivains et critiques, a laissé la possibilité à plusieurs étudiants en art de s'y intéresser et de proposer une réflexion plastique, dont moi même (j'étais encore étudiant à l'époque).

J'ai donc rejoint le groupe en proposant mon projet (développé sur une idée commune avec Guillaume Lepoix) : display:none; dont voici le rendu (j'explique ma démarche et mes intentions en dessous).

Explications :

display:none; est une carte.
Une carte interactive regroupant l'ensemble des pages d'un ou plusieurs sites web et qui se reconfigure en permanence. Chaque fois qu'une nouvelle entrée (billet, page, post, etc...) apparaît sur un site, la carte se recentre sur celle-ci et se reforme de telle sorte qu'elle n'affiche que des entrées ayant des points communs avec la première.

display:none; exploite la notion de flux, notion intrinsèque au web d'aujourd'hui (web 2.0).

Aujourd'hui, encore plus qu'avant l'Internet est devenu un vaste flux d'informations en perpétuel mouvement, instable et presque infini. Toute tentative de représentation de ce qu'est Internet (en terme de contenu et de lien) ne peut être que forcément subjective et simplifiée. IBM prédisait en 2006 que la masse d’informations dans le monde doublerait toutes les 11 heures en 2010 [1]. Selon une estimation il y aurait en 2011 1.8 zetaoctets de données dans le monde (soit 1.8 milliards de Téraoctets ou 1800 milliards de Gigaoctets)[2]. Ces chiffres amènent à un simple constat : Internet est un océan de données en perpétuel croissance dont l'ampleur est devenue incompréhensible et inimaginable pour l'être humain.

display:none; part de ce constat pour tenter de le représenter en plongeant l'utilisateur directement au sein de ce flux d'informations. La radicalité du projet consiste à n'afficher qu'une image par entrée (prélevée au sein de chaque page correspondante), ce qui la décontextualise, la rendant même parfois totalement incompréhensible. Ainsi, même si chaque entrée correspond bien à une vraie page présente sur le web (il est d'ailleurs possible de s'y rendre), le visiteur ne possède aucune information (du moins textuelle) sur la nature de cette entrée tant qu'il ne l'a pas visitée.

L'utilisateur de display:none; peut naviguer au sein de ce flot d'informations en y voyageant sans véritable direction, avec pour unique repère visuel des images totalement décontextualisées. Sans repère, sans même savoir quelle est la nature des liens entre les images, le visteur se retrouve à faire un voyage au sein d'un objet graphique à part entière.

A propos du nom :

display:none; est une propriété CSS (c'est un bout de code qui permet de mettre en page un document web).
En l’occurrence display:none; permet de supprimer totalement un bloc (si j'applique cette propriété au titre de mon billet par exemple il va totalement disparaître de l'écran). C'est sans doute une des propriétés de mise en page les plus radicale. J'ai donc choisi de nommer ainsi ce projet pour le point commun qu'il partage sur le traitement qu'il fait au texte : le supprimer totalement.

display:none; est aussi un outil libre de droits

Quitte à développer et à programmer un outil tel que displaynone;, je me suis dit qu'il valait mieux en faire profiter d'autres. display:none; est donc téléchargeable gratuitement et sous licence libre de droits (GPLv2). Il est possible de l'installer sur n'importe quel serveur disposant d'une base de données MySQL. Pour plus de détails, j'ai une page réservée au projet sur mon site :

Je remercie une fois encore Julie Morel (sans qui ce projet n'aurait jamais émergé) et Guillaume Lepoix (pour ses nombreux conseils sur les directions à prendre).

[1] Wikipedia : stockage d'informations - problématiques du stockage
[2] Actualité : 1,8 zetaoctets de données dans le monde - Clubic

Dotclear 2.4 et nouvelles icônes

Les utilisateurs de Dotclear (plateforme française de blog) ont pu voir récemment une notification leur précisant que la version 2.4 de leur plateforme préférée était disponible. Au menu, de nouvelle fonctionnalités, corrections de bugs et de failles de sécurité, mais aussi un nouveau jeu d'icônes.

En mai dernier, lors de la sortie de la version 2.3, l'équipe de Dotclear faisait part de son souci de licence avec les icônes précédentes. En effet les icônes n'étaient pas sous licence libre, élément un peu problématique pour une plateforme qui se veut, elle, libre. J'ai donc proposé à l'équipe de travailler sur un set d'icônes qui serait placé sous licence libre. J'ai été essentiellement en contact avec Kozlika mais le reste de l'équipe a donné son avis à plusieurs reprises sur le travail.

Pour conclure j'ai vraiment apprécié de travailler avec l'équipe et je suis content du résultat obtenu. Si vous aussi vous voulez participer au développement (plugins, corrections de bugs, propositions, etc...), n'hésitez surtout pas et allez vous faire connaitre sur le forum.

tableaudebord.jpg
graph_icodc_02L.jpg graph_icodc_03L.jpg

Les icônes sont placées sous licence libre (GPLv2) et accessibles en téléchargement ici

Expo et atelier au lycée Dupuy de Lôme

carton_v1.jpg

Je préparais depuis le mois de Juin un atelier de travail avec des Lycéens de l'établissement Dupuy de Lôme à Lorient. Initié par la prof d'art plastiques (Mme Catherine Fontaine), cet atelier avait pour but de faire intervenir un jeune artiste autour du médium vidéo. Cet atelier fonctionne en plusieurs temps:

Une exposition personnelle dans le hall de l'amphithéâtre de l'école, du 17 octobre au 23 Novembre :

dupuy01.jpg dupuy02.jpg dupuy03.jpg dupuy04.jpg dupuy05.jpg dupuy06.jpg

Une conférence où je présentais mon travail, mon cursus et un panel non exhaustif de ce qui peut se faire en art vidéo :

- Gisèle Kérosène de Jan Kounen - 1989 (5min)
Court-métrage d'animation en stop motion
- Alice de Jan Švankmajer - 1988
Mélange d'animation et de filmage réel pour raconter le livre de Caroll
- Virile Games de Jan Švankmajer - 1988 (6min)
Mélange d'animation (papier découpé, stop-motion, pâte à modeler), de found-foutage, de filmage etc...
- Passage à l'acte de Martin Arnold - 1993
Comment retourner complètement le sens d'un film en ne touchant qu'au montage
- Tango de Zbig Rybzcynski - 1981
Mélange des récits et des temps au sein d'un seul espace
- La jetée de Chris Marker - 1962
Roman photo ayant inspiré le film l'armée des 12 singes
- Rubber de Quentin Dupieux - 2011
Comment raconter la vie d'un objet en le traitant comme un humain

Et enfin, un temps de travail pour les élèves sur le thème suivant :

« Vous devrez aller dans un lieu désaffecté, désert ou à l'abandon muni de votre appareil de captation d'images (appareil photo, caméra, téléphone portable, etc...). Dans ce lieu, vous prélèverez des éléments que vous assemblerez ensuite afin de créer une narration. Le but sera donc de raconter une histoire sans pour autant avoir de sujet vivant à filmer. »

Le but de l'exercice est de faire découvrir aux élèves que la narration peut se trouver au sein même de l'image et non pas forcément dans ce qui à été filmé. La création vidéo ne repose pas forcément dans un processus de captation d'images, mais peut aussi être un processus de recréation. Le récit doit alors se trouver dans l'image et non dans le monde réel.

Pour finir, je tiens à remercier Catherine, sans qui ce projet n'aurait pas pu voir le jour. Elle m'a permis de préparer ce projet avec elle en toute confiance. C'est quelque chose d'assez nouveau pour moi que de travailler avec des jeunes dans un tel cadre, c'est à la fois intriguant et très motivant.
Dans un prochain billet je raconterais mes impressions et mes échanges avec les élèves.

C'est la rentrée

Comme vous le savez, j'ai terminé mes études, après 5 années aux Beaux-Arts de Lorient, en juin dernier. Mais on ne quitte pas cette école comme ça et encore moins après y avoir passé 5 longues années.

Il y a un mois de ça j'ai appris qu'un poste de technicien vidéo se libérait. Après m'être fait pistonner avoir subi de nombreux entretiens et avoir énormément combattu, j'ai eu le poste* (au passage, merci David). Ma rentrée s'est déroulée jeudi dernier (le 1er), soit 19 jours avant celle des étudiants. Cette absence d’étudiants ne poserait aucun problème si le rôle principal de mon poste n'était pas de les aider. Voici une petite narration de mes deux premiers jours de travail**:

 

9h00, je suis devant la porte de l'école. Je tiens mon nouveau trousseau de clés d'une main ferme : il contient environ 13 clés (dont je ne connais pas l'utilité pour certaines) et pèse au moins un kilo. La clé principale étant celle de la machine à café qui me permet d'avoir les boissons pour 18 centimes seulement (mon projet d'arrêter le café cette année est donc définitivement enterré).

Je franchis le pas de la porte de l'école. Je suis tout de suite saisi par un vide intersidéral, la seule chose daignant répondre à mes appels étant mon propre écho. Une violente envie de café à 18cts se faisant sentir, je me précipite vers la machine à café, insère ma clé et la crédite de 10€ direct (même si je sais qu'ils ne vont pas durer longtemps). Après m'être fait servir un café, je vois Delphine et Anne (l'une s'occupe de la communication de l'école et l'autre tient l'accueil) entrer dans l'école : une lueur d'espoir ! 25 minutes de papotage n'ont pas été de trop pour combler le vide qui avait bien failli avoir raison de moi juste avant, puis, prenant mon courage à deux mains, je décide de monter d'un étage et de me diriger d'un pas décidé vers le bureau du directeur de l'école.
Je le trouve donc, comme prévu, derrière son bureau et son vieil ordi (je n'ai jamais compris pourquoi, avec le salaire qu'il doit toucher, il n'en change pas). Je lui demande s'il a des choses à me faire faire pour ma première journée. "Oh, tu sais, là on va assister à une réunion avec Delphine et on rentrera pas avant ce soir. Du coup on te donnera un truc à faire plutôt demain". La messe est dite : je vais me faire grave chier aujourd'hui...
Après avoir gravi le deuxième étage, je rentre dans mon antre et m'attèle immédiatement à mes lourdes tâches : arroser les plantes et faire des mises à jour sur les vieux macs (ce qui m'a d'ailleurs bien occupé étant donné le retard de mises à jour accumulé sur chaque machine).

11h00 ma journée est finie... enfin, pas vraiment vu que je dois pas partir avant 17h30... La journée va être longue... très longue...
J'ai réussi, péniblement, à survivre jusqu'à la fin de la journée, en naviguant entre : regarder les voitures passer à travers la fenêtre, prendre un café à la machine, papoter avec le personnel, glander sur Internet.

Le lendemain, rôdé par l'expérience de la veille et méfiant quand au supposé "travail à faire" promis par le directeur, je prévois du boulot perso à terminer. Je dois dire que j'ai bien fait d'être prévoyant, le fameux "boulot" étant une mise en page d'un texte sur un document A5. Ledit texte n'existant pas encore, je n'ai donc, logiquement, rien eu à faire... J'ai passé ma journée à bosser sur du taff perso.

La rentrée des étudiants est le 19, je sens que je vais apporter un calendrier et cocher chaque jour jusqu'à la rentrée pour me donner du courage...

 

* Non, en vrai, ils cherchaient un ancien étudiant sachant utiliser le matériel et connaissant les logiciels, c'est bien tombé.

** Loin de moi l'idée de critiquer les fonctionnaires et encore moins de dire qu'ils ne font rien. Sans le personnel l'école ne pourrait tout simplement pas fonctionner, ils font tous un boulot super. Le fait est que les étudiants ne rentrent que le 19 donc l'école est vide et donc pas franchement dynamique.