Parallèles

Mot-clé - 2011

Depth Affect visual show

Concert de Depth Affect mercredi 9/11 au Trampolino à Nantes (44).

L'occasion de tester les nouveaux visuels sur lesquels on bossait depuis plusieurs mois : 10 thèmes (9 sont visibles sur la vidéo) sont ressortis de ce travail que j'ai entrepris en collaboration avec Xavier Brunet (chacun a fait la moitié des thèmes à peu près, certains ont été mélangés et remaniés).

L'idée de départ était de projeter les visuels sur le groupe (pour ce concert là ça n'a pas été possible techniquement). Nous voulions aussi que la musique influence la teinte de la projection, mais après réflexion le côté noir et blanc nous a paru plus radical et donc plus intéressant. Au final on a beaucoup travaillé sur des formes géométriques, des aplats, des motifs et des textures de bruit. Certains ont peut-être d'ailleurs reconnu la couverture de mon mémoire sur le 2ème thème (j'aimais bien ce motif donc je m'en suis servi pour la couverture).

Les thèmes

01-tramages.jpg
Tramages (non présent sur la vidéo)

Plusieurs motifs de trames qui se déplacent lentement et révèlent des formes
- Thomas
 
02-morellet.jpg
Morellet

Des barres lumineuses qui s'entrecroisent
- Xavier
 
03-cubeverre.jpg
Cube verre

Des cubes de verre créés en 3d dans lesquels se déplacent des lumières
- Thomas
 
04-graingeo.jpg
Grain geo

Des formes géométriques simples texturées avec du grain
- Xavier
 
05-debrits-triangles.jpg
Débris + triangle

Un motif en pixels (issu d'une vidéo où je casse des bouteilles en verre) sur lequel des aplats géométriques viennent se superposer en négatif
- Thomas + Xavier
 
06-facettes.jpg
Facettes

Des motifs qui se déplacent dans des centaines de facettes
- Xavier
 
07-explosions.jpg
Explosions

Des cubes en 3d filaire qui explosent en des milliers d'autres cubes
- Thomas
 
08-eventail.jpg
Eventail

Des lignes en éventail qui apparaissent et disparaissent lentement
- Xavier
 
09-trames.jpg
Trames

Des formes géométriques révélées par des trames qui se superposent
- Xavier
 
10-cube_balleaction.jpg
Cube2 + ballaction

Des formes géométriques en 3d (cube, exagones, etc...) qui tournent sur un motif de bruit
- Thomas + Xavier
 

Expo et atelier au lycée Dupuy de Lôme

carton_v1.jpg

Je préparais depuis le mois de Juin un atelier de travail avec des Lycéens de l'établissement Dupuy de Lôme à Lorient. Initié par la prof d'art plastiques (Mme Catherine Fontaine), cet atelier avait pour but de faire intervenir un jeune artiste autour du médium vidéo. Cet atelier fonctionne en plusieurs temps:

Une exposition personnelle dans le hall de l'amphithéâtre de l'école, du 17 octobre au 23 Novembre :

dupuy01.jpg dupuy02.jpg dupuy03.jpg dupuy04.jpg dupuy05.jpg dupuy06.jpg

Une conférence où je présentais mon travail, mon cursus et un panel non exhaustif de ce qui peut se faire en art vidéo :

- Gisèle Kérosène de Jan Kounen - 1989 (5min)
Court-métrage d'animation en stop motion
- Alice de Jan Švankmajer - 1988
Mélange d'animation et de filmage réel pour raconter le livre de Caroll
- Virile Games de Jan Švankmajer - 1988 (6min)
Mélange d'animation (papier découpé, stop-motion, pâte à modeler), de found-foutage, de filmage etc...
- Passage à l'acte de Martin Arnold - 1993
Comment retourner complètement le sens d'un film en ne touchant qu'au montage
- Tango de Zbig Rybzcynski - 1981
Mélange des récits et des temps au sein d'un seul espace
- La jetée de Chris Marker - 1962
Roman photo ayant inspiré le film l'armée des 12 singes
- Rubber de Quentin Dupieux - 2011
Comment raconter la vie d'un objet en le traitant comme un humain

Et enfin, un temps de travail pour les élèves sur le thème suivant :

« Vous devrez aller dans un lieu désaffecté, désert ou à l'abandon muni de votre appareil de captation d'images (appareil photo, caméra, téléphone portable, etc...). Dans ce lieu, vous prélèverez des éléments que vous assemblerez ensuite afin de créer une narration. Le but sera donc de raconter une histoire sans pour autant avoir de sujet vivant à filmer. »

Le but de l'exercice est de faire découvrir aux élèves que la narration peut se trouver au sein même de l'image et non pas forcément dans ce qui à été filmé. La création vidéo ne repose pas forcément dans un processus de captation d'images, mais peut aussi être un processus de recréation. Le récit doit alors se trouver dans l'image et non dans le monde réel.

Pour finir, je tiens à remercier Catherine, sans qui ce projet n'aurait pas pu voir le jour. Elle m'a permis de préparer ce projet avec elle en toute confiance. C'est quelque chose d'assez nouveau pour moi que de travailler avec des jeunes dans un tel cadre, c'est à la fois intriguant et très motivant.
Dans un prochain billet je raconterais mes impressions et mes échanges avec les élèves.

Exposition Bartelbyturique aux Ateliers de la gare à Locminé

Comme tous les ans, les étudiants de 4ème année de l'école européenne supérieure d'art de bretagne (EESAB, anciennement ESA) exposent leurs travaux à l'extérieur. Cette année n'y coupe pas et c'est donc aux Ateliers de la Gare à Locminé (56500) qu'ils ont choisi de s'installer.

bartelbyturique.jpg

Bartlebyturique*

(22 septembre – 30 octobre 2011)
Exposition des étudiants de 5ème année de l’École européenne supérieure d’art de Bretagne – site de Lorient
à l’Atelier de la Gare, Locminé (56500)

Un point d’étape, avant l’entrée en 5ème et dernière année.
L’école et l’Atelier de la Gare offrent la possibilité à un groupe de 12 étudiants d’investir un espace d’exposition hors de leurs ateliers, de concevoir un accrochage collectif avec des œuvres personnelles, qui interrogent des démarches singulières. Présenter des pièces abouties mais porteuses des développements à venir, expérimenter la présentation des œuvres au public, garder la trace de l’événement par une édition, tels sont les enjeux de ce Bartlebyturique.

Cette exposition regroupera les travaux de Charlène Auvinet, Soazic Bruneau, Emeline Chanu, Nolwenn Guérin, Olivia Gras, Laura Hernandez, Guillaume Lepoix, Adélaïde Lerouge, Xiangyan Liu, Coralie Moser, Maud Poulain, Emmanuelle Vennel

* « Médicament aux propriétés hypnotiques que les employés de bureau de Wall Street préfèreraient ne pas consommer » (Alain Créhange).

Depth Affect - nouvel album : Draft Battle

draft_battle_00.jpg

Le 4ème album de Depth Affect sortira dans les bacs sur le label ADM à la fin du mois.

Draft Battle by DEPTH AFFECT

Depth Affect est un groupe de musique électronique créé en 2004 par Rémy Charrier et David Bideau. Ils ont sorti 4 albums à ce jour : Arche Lymb (2006), Hero Crisis (2008), Chorea (2010) et Draft Battle (2011). J'ai récemment rejoint le groupe pour faire leurs nouveaux thèmes visuels et pour 3 concerts (dont un à Moscou!). J'espère avoir bientôt des images des concerts pour vous monter le VJing sur lequel je travaille depuis quelques mois...
Pour info, la jaquette ainsi que la typo (paintball) sont réalisées par Jocelyn Cottencin.
Site officiel de Depth Affect
Le site de Jocelyn Cottencin : jocelyncottencin.com/

depthaffect_album_draftbattle.jpg depthaffect_ep_matter-of-tempo.jpg

Nouvelle vidéo : Echo

Les ruines (plus particulièrement les anciens espaces industriels ou blockhaus à l'abandon) sont pour moi un véritable objet de fascination depuis des années.

Ils représentent un "après", ce qu'est devenu un lieu lorsque l'homme en a terminé avec lui. Ils sont aussi le reflet d'un temps passé, derniers témoins que quelque chose s'est passé là. Sortes de cadavres en putréfaction, ces lieux auparavant artificiels retournent à un état naturel. Les ronces s'entremêlent avec les armatures métalliques, la mousse recouvre les toits, le métal devient de la rouille et s’effeuille comme une écorce d'arbre, les dalles en béton explosent comme des plaques terrestres.

Echo est un travail qui a très mal démarré. Je suis allé dans une ancienne zone industrielle que je connais bien (c'est là bas que j'ai filmé la vidéo Escaliers) avec ma caméra dans le but de rapporter des longues séquences faisant état de ce lieu. Je sais par expérience que travailler avec seule base la fascination est généralement synonyme de ratage. Ce qui s'est d'ailleurs produit. Ensuite, je sais aussi que vouloir "rapporter" quelque chose en le filmant ou en le prenant en photographie ne mène qu'à la déception (rien ne peut remplacer un moment vécu). Partant de ce constat j'ai tout de même insisté (car après tout je suis têtu) et j'ai filmé une vingtaine de minutes dans ce lieu. J'avais pour vague espoir d'arriver à réaliser des travellings dans lesquels je supprimerais tout tremblement d'image (comme dans Port) et par extension toute trace de l'existence du caméraman. Je voulais ainsi proposer une vidéo "morte" où la présence humaine serait totalement supprimée.

Le résultat ne s'est pas fait attendre : aucun plan ne pouvait être suffisamment stabilisé pour supprimer le fait que les mouvements de la caméra étaient induits par le relief du sol (et par extension qu'il y avait bien un gugusse qui tenait l'appareil). En plus les travellings n'étaient pas très longs puisque assez limités par la végétation (2m de ronces ça dissuade de continuer à avancer).

Cédant à la déprime, j'ai rangé ces images dans un dossier bien au fond d'un autre dossier.

C'est alors que le Pr. VonDavel s'est empressé de rouvrir ces fichiers. Sans vraiment m'avertir il a opéré sur ces images une batterie de tests. Tout d'abord, il a utilisé un de ses outils de prédilection ces dernières années : Deshaker (une démo de ce que peut faire ce logiciel de stabilisation d'images ici). Cet outil permet de capter les mouvements de la caméra sur une séquence vidéo, puis de restabiliser l'image. VonDavel a donc réglé sa machine pour que les images du film se replacent dans la même position que la caméra, puis il les a superposées. J'ai réussi à récupérer certaines de ses images de travail :

lanester0116.jpg lanester0296.jpg _trav1.jpg _trav2.jpg _trav3.jpg _trav4.jpg _trav5.jpg _trav6.jpg _trav7.jpg

*** Parallèlement ***

A l'instar du phénomène acoustique où dans un même lieu, le son émis revient de manière régulière et de moins en moins fort, ces images reviennent et se superposent sur l'image de départ. L'ensemble du déplacement est compressé dans l'espace d'une seule image, créant ainsi le portrait d'un intervalle de temps. Une fois encore, les temps et les espaces se mélangent au sein des images.

L'image obtenue apparaît décomposée, dégradée, presque cassée dans sa structure même. Le lieu choisi pour filmer ces images prend alors tout son sens, puisque lui aussi se retrouve dans une sorte d'altération due au temps. Mise en abyme : le lieu et l'image qui en témoigne subissent tous deux le passage du temps.