Parallèles

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Expo et atelier au lycée Dupuy de Lôme

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Je préparais depuis le mois de Juin un atelier de travail avec des Lycéens de l'établissement Dupuy de Lôme à Lorient. Initié par la prof d'art plastiques (Mme Catherine Fontaine), cet atelier avait pour but de faire intervenir un jeune artiste autour du médium vidéo. Cet atelier fonctionne en plusieurs temps:

Une exposition personnelle dans le hall de l'amphithéâtre de l'école, du 17 octobre au 23 Novembre :

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Une conférence où je présentais mon travail, mon cursus et un panel non exhaustif de ce qui peut se faire en art vidéo :

- Gisèle Kérosène de Jan Kounen - 1989 (5min)
Court-métrage d'animation en stop motion
- Alice de Jan Švankmajer - 1988
Mélange d'animation et de filmage réel pour raconter le livre de Caroll
- Virile Games de Jan Švankmajer - 1988 (6min)
Mélange d'animation (papier découpé, stop-motion, pâte à modeler), de found-foutage, de filmage etc...
- Passage à l'acte de Martin Arnold - 1993
Comment retourner complètement le sens d'un film en ne touchant qu'au montage
- Tango de Zbig Rybzcynski - 1981
Mélange des récits et des temps au sein d'un seul espace
- La jetée de Chris Marker - 1962
Roman photo ayant inspiré le film l'armée des 12 singes
- Rubber de Quentin Dupieux - 2011
Comment raconter la vie d'un objet en le traitant comme un humain

Et enfin, un temps de travail pour les élèves sur le thème suivant :

« Vous devrez aller dans un lieu désaffecté, désert ou à l'abandon muni de votre appareil de captation d'images (appareil photo, caméra, téléphone portable, etc...). Dans ce lieu, vous prélèverez des éléments que vous assemblerez ensuite afin de créer une narration. Le but sera donc de raconter une histoire sans pour autant avoir de sujet vivant à filmer. »

Le but de l'exercice est de faire découvrir aux élèves que la narration peut se trouver au sein même de l'image et non pas forcément dans ce qui à été filmé. La création vidéo ne repose pas forcément dans un processus de captation d'images, mais peut aussi être un processus de recréation. Le récit doit alors se trouver dans l'image et non dans le monde réel.

Pour finir, je tiens à remercier Catherine, sans qui ce projet n'aurait pas pu voir le jour. Elle m'a permis de préparer ce projet avec elle en toute confiance. C'est quelque chose d'assez nouveau pour moi que de travailler avec des jeunes dans un tel cadre, c'est à la fois intriguant et très motivant.
Dans un prochain billet je raconterais mes impressions et mes échanges avec les élèves.

Mémoire... encore

rizhome.jpgPresque un mois sans billets (et sans productions d'ailleurs), mais pas sans travail. Ces dernières semaines ont été... fatigantes. J'ai tout de même avancé sur quelque chose : mon mémoire.

Outre le travail d'écriture, j'ai pas mal planché sur le design de ce mémoire et sur la manière de montrer les œuvres auxquelles je fais référence. La première question était de pouvoir montrer en intégralité les différentes vidéos et films que je citais. Chose impossible sur format papier. J'ai donc décidé d'apposer une adresse web sur le mémoire qui renverrai vers une partie (numérique) externe où, là, les films peuvent être visibles.

C'est chose faite : http://thomas-daveluy.fr/dnsep/

Cette partie peut fonctionner sans le mémoire qui va avec, mais les textes explicatifs étant absents, les choix (catégories, liens, ...) entre les œuvres sont assez flous. De même pour le mémoire tout seul, il peut parfaitement fonctionner sans le site mais les œuvres sont assez peu visibles.

Les œuvres des artistes sont représentées par des ronds noirs et les pièces que j'ai créées par un rond rouge. Ne voulant pas que le jury puisse voir mes pièces avant le diplôme, il n'est actuellement pas possible de les voir, seules des miniatures les représentent. Le jour du diplôme les vidéos/photos seront visibles en grand et en intégralité.

Pour ce qui est de la manière de montrer les liens, j'ai choisi de partir sur une structure rhizomatique, comme une sorte de plan de métro, reliant les différentes œuvres. Sur le site, il est possible de cliquer sur chaque artiste pour accéder à une de ses œuvres. Il est aussi possible de passer la souris sur les liens pour faire apparaitre un mot clef reliant les deux œuvres.

Profitant du support web, j'ai aussi donné la possibilité d'afficher/masquer les noms, permettant de voir uniquement le réseau ou d'accéder à une carte complète avec toutes les écritures. Il est aussi possible de passer sa souris sur chacun des chapitres du mémoire pour mettre en surbrillance les artistes qui y appartiennent. Une autre carte se dessine alors.

Le design des chapitres:

Chapitres

Les logos des chapitres sont basés sur une déclinaison du cube (en forme d’hexagone) qui est le logo représentant souvent un espace tridimensionnel (notamment dans les logiciels). Ils ressemblent un peu au logo de l'HTML5 (c'est pas fait exprès, promis j'ai pas copité).

Quand au mémoire en lui-même il est toujours téléchargeable ici.

Nouvelle vidéo : Echo

Les ruines (plus particulièrement les anciens espaces industriels ou blockhaus à l'abandon) sont pour moi un véritable objet de fascination depuis des années.

Ils représentent un "après", ce qu'est devenu un lieu lorsque l'homme en a terminé avec lui. Ils sont aussi le reflet d'un temps passé, derniers témoins que quelque chose s'est passé là. Sortes de cadavres en putréfaction, ces lieux auparavant artificiels retournent à un état naturel. Les ronces s'entremêlent avec les armatures métalliques, la mousse recouvre les toits, le métal devient de la rouille et s’effeuille comme une écorce d'arbre, les dalles en béton explosent comme des plaques terrestres.

Echo est un travail qui a très mal démarré. Je suis allé dans une ancienne zone industrielle que je connais bien (c'est là bas que j'ai filmé la vidéo Escaliers) avec ma caméra dans le but de rapporter des longues séquences faisant état de ce lieu. Je sais par expérience que travailler avec seule base la fascination est généralement synonyme de ratage. Ce qui s'est d'ailleurs produit. Ensuite, je sais aussi que vouloir "rapporter" quelque chose en le filmant ou en le prenant en photographie ne mène qu'à la déception (rien ne peut remplacer un moment vécu). Partant de ce constat j'ai tout de même insisté (car après tout je suis têtu) et j'ai filmé une vingtaine de minutes dans ce lieu. J'avais pour vague espoir d'arriver à réaliser des travellings dans lesquels je supprimerais tout tremblement d'image (comme dans Port) et par extension toute trace de l'existence du caméraman. Je voulais ainsi proposer une vidéo "morte" où la présence humaine serait totalement supprimée.

Le résultat ne s'est pas fait attendre : aucun plan ne pouvait être suffisamment stabilisé pour supprimer le fait que les mouvements de la caméra étaient induits par le relief du sol (et par extension qu'il y avait bien un gugusse qui tenait l'appareil). En plus les travellings n'étaient pas très longs puisque assez limités par la végétation (2m de ronces ça dissuade de continuer à avancer).

Cédant à la déprime, j'ai rangé ces images dans un dossier bien au fond d'un autre dossier.

C'est alors que le Pr. VonDavel s'est empressé de rouvrir ces fichiers. Sans vraiment m'avertir il a opéré sur ces images une batterie de tests. Tout d'abord, il a utilisé un de ses outils de prédilection ces dernières années : Deshaker (une démo de ce que peut faire ce logiciel de stabilisation d'images ici). Cet outil permet de capter les mouvements de la caméra sur une séquence vidéo, puis de restabiliser l'image. VonDavel a donc réglé sa machine pour que les images du film se replacent dans la même position que la caméra, puis il les a superposées. J'ai réussi à récupérer certaines de ses images de travail :

lanester0116.jpg lanester0296.jpg _trav1.jpg _trav2.jpg _trav3.jpg _trav4.jpg _trav5.jpg _trav6.jpg _trav7.jpg

*** Parallèlement ***

A l'instar du phénomène acoustique où dans un même lieu, le son émis revient de manière régulière et de moins en moins fort, ces images reviennent et se superposent sur l'image de départ. L'ensemble du déplacement est compressé dans l'espace d'une seule image, créant ainsi le portrait d'un intervalle de temps. Une fois encore, les temps et les espaces se mélangent au sein des images.

L'image obtenue apparaît décomposée, dégradée, presque cassée dans sa structure même. Le lieu choisi pour filmer ces images prend alors tout son sens, puisque lui aussi se retrouve dans une sorte d'altération due au temps. Mise en abyme : le lieu et l'image qui en témoigne subissent tous deux le passage du temps.

Frontières [vidéo]

Explications sur la vidéo :

Comme son nom l'indique, cette vidéo aborde la notion de frontières.
Aujourd'hui, avec l'espace Schengen tout citoyen européen est censé pouvoir circuler librement dans l'espace européen. Cependant, il suffit de regarder l'exemple des Roms ou même des SDF que l'on "escorte gentiment" à l'extérieur des villes au printemps pour voir que cette belle vérité n'est pas la même pour tous. Pourtant les frontières ne sont -en principe- que de simples traits sur une carte qui dans le monde réel ne sont pas visibles (sauf si on met un mur en béton de 5m de haut comme en palestine).

Dans la vidéo, le personnage vient d'ailleurs. Un ailleurs inconnu, la première image le montre venant de la mer, de l'horizon. On ne sait pas d'où il est issu, ce qui motive son voyage où même s'il y a un but à son périple. Les plans suivants apportent un élément extérieur, fictif : le bloc noir. Toutes les images (ou presque) sont entachées de cette présence inquiétante et massive qui surplombe les immeubles. Pourtant, apparemment, les habitants ne semblent pas y prêter attention, on ne sait même pas s'ils le voient ou s'ils en ont même conscience.
Le personnage, lui, a conscience de cette frontière, il la voit (il s'arrête même à plusieurs reprises pour la regarder) et c'est peut-être ce qui va l'empêcher de passer. Pour une raison totalement inconnue, le mur va l'empêcher de continuer plus loin. Comme pour les immigrés clandestins qui rêvent d'un eldorado en traversant la méditerranée en bateaux-poubelles et qui découvrent des barreaux de prison (s'ils arrivent en vie), le personnage du film voit son périple s'arrêter à l'instant même où il se cogne contre le mur.
Le dézoom de la fin apporte plusieurs éléments.

Tout d'abord, il donne un sens à ce bloc noir : le nom de la ville sur la carte qui prend forme dans la réalité.

Par la suite, il permet de métaphoriser le mur: ce n'est pas tant un espace physique qu'une barrière mentale. Le personnage est dans la ville (car après tout il est quand même bien rentré dans Lorient) mais son intégration se heurte à une barrière. Il ne pourra jamais être comme les autres (les habitants qui traversent le mur) même s'il est parmi eux. Le mur devient alors une barrière culturelle, ou linguistique (car le mur est un ensemble de lettres).

Il y a un second point de vue qui rejoint les autres pièces que j'ai pu faire ces dernières années, celui de la limite entre réalité et fiction (monde virtuel et réel). Le monde des cartes est un monde virtuel qui n'est pas visible en apparence. Pourtant, aujourd'hui, avec l'apparition de nouvelles technologies, cette frontière tend à s'effacer. Aujourd'hui il suffit de prendre une photo d'un objet avec son portable et google nous renvoie un ensemble de résultats en lien avec l'objet. Demain, il sera possible de consulter en direct les informations sur les objets nous entourant (principe de réalité augmentée). A l'instar d'un film comme District9 ou de la BD Philémon et le naufargé du A, un élément de fiction vient s'insérer dans le réel et provoque un décalage. Le plan dans la voiture est un bel exemple de ce que je voulais montrer sur l'effet que va créer cette fuite dans le monde virtuel.

En espérant que ces précisions puissent être utiles...

Plein de trucs...

Ça faisait un moment que je n'avais pas posté de nouveau billet avec des boulots. Je me rattrape en en mettant plein d'un coup:

Vidéo : Escalier

Une vidéo qui normalement est censé être posée au sol.
Par un simple jeu d'inversion (de cadre et de temps) le spectateur ne sait plus correctement se repérer dans l'espace. Le premier réflexe est de se fier aux gouttes d'eau qui "tombent" et de déduire que la caméra est en plongée totale. Pourtant de nombreuses incompatibilité apparaissent. Tout d'abord le fond qui est éclairé, qui laisse présumer que le sol ne s'y trouve pas, ensuite le son des gouttes qui induit l'inversion temporelle.

 

Vidéo : Tunnel

Vidéo pas vraiment réussie, je la trouve trop longue, le principe met trop de temps à se mettre en place et le son n'est pas tout à fait comme je le voulais. Je serai sans doute amené à la refaire.
La piètre qualité de la vidéo à fait disparaître le grain. Normalement il y a un grain très prononcé dans le blanc.
Je cherche souvent, dans mes vidéos, à côtoyer la limite entre la représentation du monde réel et la fiction. Ici j'ai essayé de partir sur le cliché de "la lumière au bout du tunnel" en filmant un long plan séquence dans un passage sous-terrain.
Passage. La caméra adapte sa sensibilité pour capter la pénombre du lieu. Le bout du tunnel est surexposé. On entre progressivement dans la lumière, jusqu'à ne plus rien voir d'autre que le grain et n'entendre que le souffle du micro. Le monde a disparu. Bruit de mobylette, la caméra adapte de nouveau sa sensibilité, retour dans le monde réel.

 

 

Photos : "Serial Killer"

Dans la rue :

Kill 1 Kill 2 Kill 3 Kill 4 Kill 5

Première série de photos dans la rue, idéalement imprimées en grand pour voir les détails.
Photos des gens dans la rue supprimés grâce à l'outil "correcteur de tons direct basé sur le contenu" de Photoshop. Cet outil permet normalement de supprimer les défauts dans les images. Ici je supprime les gens, selon un "rituel" particulier: toujours avec le même outil et en un seul clic (je ne reprend jamais l'image obtenue).
Les photos sont alors altérées, affichant des "cicatrices" dans les zones où les gens ont été supprimés.

 

Journée d'un inconnu

8h00 : lever 8h15 : douche 8h15 : douche 8h30 : toilettes 8h40 : s'habiller 8h40 : petit déjeuner 8h40 : petit déjeuner 8h40 : 9h00 : regarder la télé 12h00 : faire à manger 12h00 : faire à manger 14h00 : sortir

Même principe que la série précédente, sauf qu'elle s'applique à un individu en particulier.

Speed Racer

Un p'tit tour de Kart...

Un tour de circuit en Kart filmé avec les moyens du bord. Par la suite, j'ai tenté de recréer l'espace du circuit en replaçant les images les unes à la suite des autres.
Pour expliquer rapidement le procédé, j'ai utilisé un logiciel de stabilisation d'images (Deshaker) afin de récupérer les coordonnées spatiales de chaque image (comme le ferait un logiciel de motion capture). Évidemment le procédé est imparfait et provoque pas mal de bugs.

Le titre de la vidéo est une référence au film homonyme des frères Wachowski (que je conseille à tous d'ailleurs). Je trouve le procédé de cette vidéo pas si éloigné de leur travail (qui est tout de même un peu mieux que le mien hein !), dans le sens où je tente d'exploiter la vidéo dans ce qu'elle est en tant que surface: un plan. L'assemblage des plans au sein d'un faux espace 3D (nommé 2,5D) permet le déplacement de la caméra dans un univers totalement propre à la vidéo.

Untitled #9

Nouvelle vidéo, tournée au port de pêche de Lorient (pas encore trouvé de titre)

La musique est une composition sonore réalisée à partir de prises de son de la zone industrielle du port. L'image peut paraître un peu floue parfois, c'est à cause des tremblements de la caméra lorsque la voiture passait sur des bosses.

Je suis actuellement en train de refaire mon portfolio, donc il n'y a que la partie vidéo qui est accessible pour l'instant.

Itinéraire bis

Nouvelle vidéo, tournée chez moi

J'en profite pour essayer la balise <vidéo> et quitter définitivement ce foutu flash player.

Théorie de la relativité parallèle

«Le professeur Thomas Von Davel effectua les derniers réglages et mit la machine en route. Une lumière bleutée envahit la pièce et un sifflement désagréable se fit entendre.

A lui-même: «C’est où? C’est ici? C’est caché? Es-tu sûr qu’il n’y a rien d’autre? As-tu bien regardé? C’est peut-être juste là, caché derrière le vide...» Mais il ne le voit pas encore, les quelques outils qu’il s’est donnés pour le discerner ont leurs limites. Il le sait et il ne se laissera pas berner.

Ses expériences lui ont prouvé qu’il existe un autre monde, bien d’autres mondes, c’est ces mondes qu’il cherche, qu’il veut explorer: des «parallèles». Qu’ont-ils à lui apprendre? Il ne le sait pas lui-même, mais une chose est sûre, il est près du but. Encore quelques efforts et ils seront là, devant lui. Il s’imagine les regardant fièrement et dire «ils sont à moi».

C’est ce qu’il y a de plus fascinant dans la vidéo, c’est juste là, en face, et pourtant c’est si loin. Impossible de la saisir directement, il faut user de moyens détournés, de «trucs» pour l’attraper. Mais Von Davel ne désespère pas, ce sera l’œuvre d’une vie, sa pierre philosophale!

Pour mener à bien ses recherches il n’a pas hésité à tester ses inventions sur lui même. En se filmant, il sait qu’une part de lui est entrée dans cette boîte. Il se voit sur l’écran, fragile, sans défense. Mais il continue, il dissèque, teste, expérimente jusqu’à ne plus ressentir la fatigue. Au final, s’il arrive à faire entrer son double électronique dans un des autres mondes, c’est un peu comme s’il y était entré lui-même.

On l’a traité de fou plus d’une fois, mais cela n’a aucune importance, seul compte le résultat.»

Pneus

Nouvelle vidéo, tournée derrière l'école: